Virus ebola: les mesures contre le virus renforcées à travers le monde – 10/08/2014

Alors que le cap des 1 000 morts d’Ebola a été dépassé en Afrique de l’Ouest, selon l’OMS, plusieurs pays africains ont décidé de renforcer leurs mesures pour se prémunir de la propagation du virus. C’est aussi le cas de l’Inde, dont plusieurs dizaines de milliers de ressortissants résident dans les pays touchés par l’épidémie.

Opération de sensibilisation pour tenter de prévenir la propagation du virus Ebola, à Conakry, le 31 mars dernier - REUTERS/UNICEF/La Ros
Opération de sensibilisation pour tenter de prévenir la propagation du virus Ebola, à Conakry, le 31 mars dernier – REUTERS/UNICEF/La Ros

La Guinée ferme ses frontières terrestres

La Guinée est aujourd’hui le seul pays touché par Ebola à n’avoir pas déclaré l’état d’urgence sanitaire. Les autorités ont cependant décidé de fermer les frontières avec la Sierra Leone et le Liberia. Une décision temporaire prise pour une plus grande cohérence des actions régionales, explique le ministre de la Santé, Rémy Lamah : « Il est de notre devoir pour circonscrire l’épidémie, pour une bonne surveillance des personnes de fermer provisoirement ces frontières ».

Les contaminations sont en baisse en Guinée et le gouvernement fait une nouvelle fois preuve d’optimisme. L’organisation Médecins sans frontières préfère quant à elle rester prudente. À deux reprises, elle a cru pouvoir fermer son centre de la capitale, avant d’accueillir de nouveaux patients. « Aujourd’hui, avec les mesures qui sont prises, il est possible effectivement que cette vague s’éteigne et qu’on se retrouve dans une situation où il n’y a vraiment plus de cas à Conakry. Il est aussi tout à fait possible qu’il y ait aussi d’autres patients, d’autres cas qui rentrent des pays voisins », tempère Jérôme Mouton, chef de mission de MSF en Guinée.

Qu’il y ait ou pas d’amélioration, les pèlerins guinéens ne se rendront pas à La Mecque cette année. Le gouvernement a confirmé hier que l’Arabie saoudite ne leur délivrerait pas de visa.

Le Burkina Faso instaure des contrôles dans ses aéroports
Face à la menace que représente la maladie à virus Ebola, les autorités sanitaires du Burkina Faso ont renforcé les mesures de prévention et de riposte contre cette maladie. Désormais, tous les passagers débarquant aux aéroports de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso verront systématiquement leur température relevée. Lené Sebgo, ministre burkinabè de la Santé explique :

« Nous ne filtrons pas les entrées. Nous avons essayé de renforcer le contrôle sanitaire à l’aéroport, d’abord en faisant en sorte de pouvoir prendre à l’aide de thermomètres laser les températures de tous les passagers qui viennent de la sous-région, je le précise, pour voir s’ils ont une température normale. Dans le cas contraire, de les interroger pour savoir d’où ils viennent et avoir toutes les informations à partir d’une fiche de renseignements afin de pouvoir les suivre.

La deuxième chose qu’on a faite, c’est le renforcement de l’hygiène à l’aéroport, en faisant en sorte que tous les passagers qui arrivent puissent se nettoyer les mains avec un gel antiseptique. »

Toutes les personnes qui auront une température supérieure à la normale seront soumises à des analyses médicales approfondies. Il est également prévu la mise en place d’une liste permanente des passagers en provenance des pays où l’épidémie sévit.

La Guinée-Bissau lance un programme de prévention

Officiellement, aucun cas d’Ebola n’a été enregistré en Guinée-Bissau. Toutefois, à titre préventif, un dispositif de contrôle et des salles d’isolement ont été aménagés au niveau des postes de santé situées dans les zones frontalières avec la Guinée. Les radios locales ont été mises à contribution pour un programme de sensibilisation.

Il subsiste néanmoins certaines faiblesses affectant l’offre de soin, tels que l’inaccessibilité géographique de ces centres de santé, la vétusté des infrastructures et ma défaillance des systèmes logistiques. Des défis que le gouvernement tente de relever. Mais compte tenu de la fragilité et la faiblesse de ses ressources, l’État a lancé un appel à ses partenaires pour les combler. Le coût total est estimé à 800 000 dollars. Ce budget voté à l’issu d’un conseil des ministres la semaine dernière nécessite notamment l’apport de l’Unicef et de l’OMS.

En Inde, ouverture d’une ligne d’appel nationale
Un voyageur qui a atterri le 20 juillet dernier à New Delhi a été suspecté d’avoir contracté le virus Ebola. Les tests se sont ensuite révélés négatifs, mais comme la maladie peut se déclarer jusqu’à trois semaines après la transmission, les autorités suivent l’état de santé de cette personne et de ses proches de près.

Par mesure de prévention, une ligne d’appel nationale ouverte 24 heures sur 24 a commencé à fonctionner ce samedi. Les hôpitaux de New Delhi et Bombay, entre autres, ont stationné des ambulances aux aéroports et réservé des lits pour des patients potentiellement infectés qui arriveraient de l’étranger. Près de 45 000 Indiens résident dans les pays africains où le virus s’est déjà déclaré. Ils sont ainsi 300 d’entre eux à être engagés au Liberia dans la force de l’ONU pour la protection de la paix.

À noter aussi que le Tchad suspend jusqu’à nouvel ordre ses vols en provenance du Nigeria, tandis que les autorités nigérianes ont décrété hier l’état d’alerte. Au moins 13 cas confirmés ont été enregistrés dans ce pays en moins de trois semaines, selon l’OMS. La Sierra Leone, l’un des quatre pays ouest-africains touchés par l’épidémie, a décidé de son côté de mobiliser 1 500 policiers et militaires. La moitié sera déployée dans deux villes de l’est du pays, placées en quarantaine depuis le début du mois. La Zambie a quant à elle interdit à tout ressortissant d’un pays ouest-africain frappé par la maladie d’entrer sur son territoire.

Source: RFI AFrique