VIDEO. Vandalisme : L’artiste-kamikaze, Piotr Pavlenski, met le feu aux services secrets russes

Piotr Pavlenski est coutumier des « performances » à forte connotation politique. Là, il s’en est pris aux services secrets…

Un artiste russe, connu pour s’être cloué les testicules sur la place Rouge, a été arrêté ce lundi après avoir mis le feu aux portes en bois de la Loubianka, l’imposant immeuble des services secrets (le bâtiment a longtemps abrité le KGB et aujourd’hui son successeur le FSB) à Moscou.

Il a posté la vidéo de sa performance

Coutumier des « performances » à forte connotation politique, Piotr Pavlenski est maintenant poursuivi pour vandalisme, un délit passible de trois ans de prison en Russie. Juste avant son interpellation, l’artiste a publié une vidéo de sa performancesur le réseau social Vimeo. On le voit, debout et immobile, un jerrican d’essence à la main, devant les flammes. Un policier finit par arriver en courant et le saisit par le bras.

« La porte en flammes de la Loubianka est un gant jeté par la société à la figure de la menace terroriste », a-t-il écrit dans un message publié avec la vidéo. « Les services fédéraux de sécurité [le FSB] utilisent la terreur sans fin pour tenir sous leur pouvoir 146 millions de personnes. »

Il est toujours sous le coup de poursuites

La Loubianka a été le tristement célèbre quartier général de la police politique à l’époque soviétique. Il abrite aujourd’hui les locaux du FSB et est associé, dans l’esprit des opposants libéraux et démocrates, à la politique de musèlement de la société civile depuis l’arrivée au pouvoir en 2000 de Vladimir Poutine. Le président russe a lui-même été un agent du KGB, notamment en Allemagne de l’Est jusqu’à la chute du mur de Berlin, puis directeur du FSB à la fin des années 1990.

En 2013, Piotr Pavlenski avait cloué la peau de ses testicules entre les pavés de la place Rouge. Mais après enquête, la justice russe avait clos le dossier estimant qu’il n’avait commis « aucune infraction ». Il est toujours sous le coup de poursuites judiciaires après avoir brûlé des pneus dans la rue à Saint-Pétersbourg en février 2014, en soutien aux manifestations antigouvernementales à Kiev.

En 2012, il s’était aussi cousu les lèvres en signe de soutien au groupe contestataire Pussy Riot. En mai 2013, il s’était présenté nu, le corps entouré de barbelés, à l’assemblée de Saint-Pétersbourg pour protester contre le vote de lois selon lui répressives en Russie.

Source : © 20 Minutes.fr