VIDEO. Livre : Comment pourrir la vie de son patron en 150 leçons – 24/06/2015

«Le collectif des Vengeurs masqués». Des Belges bien sûr | LP OLIVIER ARANDEL
«Le collectif des Vengeurs masqués». Des Belges bien sûr | LP OLIVIER ARANDEL

Voilà un réservoir hilarant de trouvailles qui soulagent. 150 sales coups, du potache au plus élaboré, pour tenter de survivre dans l’entreprise du XXIème siècle. Par «Le collectif des Vengeurs masqués».

C’est l’histoire d’une bande de copains belges, qui, un soir, ont décidé d’écrire un manuel défouloir à l’usage des salariés au bord du burn-out «ce terme plus chic que la dépression, qui fait vieillot et ramollo», dixit l’un des auteurs. Leur méthode ? «Le rire pédagogique».

Leur pseudonyme ? «Le collectif des Vengeurs masqués». Ces jeunes actifs travaillent comme responsable de ressources humaines, consultant ou cadre dirigeant. Ils passent leur vie dans les entreprises de ce petit pays connu pour son sens aigu de l’autodérision. Au final, voilà un réservoir hilarant de trouvailles qui soulagent. 150 sales coups, du potache au plus élaboré, pour tenter de survivre dans l’entreprise du XXIème siècle.

Comment pourrir les réunions

«Pour la plupart d’entre nous, la réunion est un moment douloureux», expliquent-ils. Parce que ça doit durer 15 minutes et que ça dure une éternité. Parce que ça ne sert souvent à rien d’autre que de «faire une réunion». Leurs conseils ? Planquer en amont la commande à distance du rétroprojecteur. Dans un autre genre, envoyer un mail à tous les participants pour annuler la réunion, une demi-heure avant. Ou encore inviter beaucoup plus de monde que prévu, d’autres services s’y rendront sans raison, par soumission. Autre option : Mettez-vous à poser un tas de questions agaçantes. Stratégie inverse : que les participants s’entendent pour ne pas émettre un son au terme de l’exposé du chef. Il sera à coup sûr déstabilisé.

Comment pourrir le moral de son chef (ou d’un collègue)

«Avant, il était courant qu’un boss hurle sur ses salariés. Ou que les gens se tapent dans l’entreprise. Aujourd’hui, la violence est devenue verbale mais elle est toujours là. Les cas de harcèlement sont légion», explique le collectif des Vengeurs Masqués. Voilà quelques filons pour renverser la vapeur. Profitez de l’absence de votre manager pour faire un tour dans son bureau et tout déplacer – meubles, chaises, décos, photos. Occupez-vous aussi de sa voiture. «J’ai une affection particulière pour les filets de hareng dans le pot d’échappement. Ils cuisent doucement. Il y a les graines sur le toit de la voiture aussi», glisse l’un des Vengeurs. Dans le genre «je te rends maboul», optez pour l’huile d’olive dans les gants d’hiver ou encore l’inscription sur divers mailing-lists plutôt gênantes, genre club échangiste…

Comment pourrir son entreprise

Les Vengeurs distinguent les petites entreprises, où les contacts humains sont encore directs… et les grandes où hiérarchie et procédures s’empilent parfois de manière absurde. «J’ai connu une entreprise qui tenait un répertoire de ses 40 000 procédures», glisse un auteur. D’où l’intérêt de détendre l’atmosphère. Créer un événement Facebook avec le nom de votre entreprise et invitez-y le public sous prétexte de fêter le dernier contrat. « L’entreprise, finalement, ce n’est qu’une grande cour de récré», résume-t-il.Tous ces conseils ne sont bien sûr pas à prendre au premier degré. Le conseil le plus sérieux des Vengeurs? Apprendre à savoir dire parfois «non» à son chef et ses collègues. Mais ce sera l’objet d’un autre livre…

Source : © 20 Minutes.fr
Par B.L.

 Comment pourrir la vie de son patron, collectif les Vengeurs masqués, Fayard, sortie le 1er juin, 175 pages, 14 €.

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«Le bureau n’est pas une cour de récré»

Avocate au cabinet Jurisexpert, à Lille, Blandine Poidevin connaît bien les obligations des salariés pour défendre aux Prud’hommes les entreprises victimes notamment de diffamations sur les réseaux sociaux. «Il faut mettre en garde ceux qui voudraient suivre les exemples du livre : le bureau, l’entreprise ne sont pas une cour de récréation. Si on est pris, dit-elle, on risque d’être sanctionné». Loin de jouer les moralistes, elle veut seulement «mettre en garde» les salariés tentés par l’humour potache au travail : «Si c’est pour résoudre des problèmes d’organisation, des problèmes avec un supérieur, dit-elle, les suggestions du livre ne sont pas les meilleures solutions. Elles ne feront rien avancer et pourront même crisper la situation». Mieux vaut, selon Blandine Poidevin, «le dialogue».

Et de rappeler qu’aujourd’hui, «faire des blagues en utilisant des mails c’est courir le risque d’être facilement identifier. Facile aussi, grâce aux caméras de surveillance, de vous reconnaître sur le parking de l’entreprise…». Abandonnez donc l’idée de mettre un hareng dans le pot d’échappement du patron ou de convoquer toute l’entreprise à votre réunion de service…

Certes, admet l’avocate lilloise, «il n’est pas toujours aisé d’identifier l’auteur d’une blague, ou son intention de nuire, mais mieux vaut être prudent. Une fois l’auteur confondu, l’employeur dispose de toute l’échelle des sanctions pour réagir : de l’avertissement au licenciement, la sanction devant être proportionnelle et adéquate».

D.R.

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