VIDEO. COP21 : Le Cameroun confronté à la déforestation

Philippe Randé s’est rendu au Cameroun, où la moitié du territoire est recouverte par la forêt, une ressource menacée par la déforestation, parfois assumée : 60% de la population travaille dans le secteur de l’agriculture.

L’Afrique, pour la COP 21, fait ce lundi matin le déplacement à Paris avec une très grande délégation pour faire valoir la spécificité du continent. Au Cameroun, où Philippe Randé s’est rendu, un mot est sur toutes les lèvres déforestation. 50% de la surface du pays est recouverte par la foret, de plus en plus mise à mal.

Tous les jours, la forêt subit d’incroyables dégâts

La preuve à l’intérieur de la forêt tropicale de Mbalmayo, à une heure au sud de Yaoundé. Sous une pluie battante, les feuilles ruisselantes disparaissent sous la vapeur qui s’échappe des arbres. Protégé par un poncho, Prosper Magloire Sémé, qui travaille au quotidien dans la brousse, nous montre les troncs d’arbres morts par terre. “Dans cette forêt, nous sommes confrontés à une très forte pression démographique liée à l’extension de la ville. Tous les jours, la forêt subit d’incroyables dégâts.”, déplore-t-il.

Pierre Coutterand, chercheur, ajoute : “Si la forêt est détruite, elle représente une grande quantité de carbone sur pied qui partira dans l’atmosphère. On estime que 15% des émissions de carbone actuelles sont liées à la déforestation essentiellement tropicale.”

60% de la population travaille dans le secteur de l’agriculture

Au Cameroun, on coupe le bois pour se chauffer, mais aussi pour construire et cuisiner. Dans un pays à la démographie galopante, 60% de la population travaille dans le secteur de l’agriculture : mécaniquement, les terres vierges manquent et ces 22 millions d’hectares de forêt dense sont une aubaine.

On abat les arbres pour semer le manioc et le plantain. Ca n’est pas bon pour l’environnement mais ça nous permet de vivre et de manger

Quatre-vingt kilomètres plus au sud, au village de N’simi, la déforestation est assumée. Armand travaille dans les champs et témoigne : “On abat les arbres pour semer le manioc et le plantain. Ca n’est pas bon pour l’environnement mais ça nous permet de vivre et de manger”. Une agriculture de plus en plus extensive, une forêt humide d’Afrique centrale qui se réduit et c’est évidemment c’est ce puits naturel à CO2 qui part en fumée.

Objectif : -32% de gaz à effet de serre d’ici 2035

Le président camerounais Paul Biya qui s’exprimera ce lundi après-midi au Bourget a déjà présenté un objectif chiffré : -32% de gaz a effet de serre d’ici 2035. Avec plusieurs questions : comment rendre plus rentable la vente et la transformation du bois qui est parfois illégale ? Comment les empêcher de couper des arbres pour continuer à manger ? Bertin Tchi kan Goa est le responsable de l’ONG WWF au Cameroun qui a travaillé à la préparation de cette COP 21. “Il s’agit de densifier les espaces disponibles aujourd’hui et de les rendre plus rentables par exemple par des semences améliorées.”, explique-t-il.

L’Afrique est devenue le laboratoire du développement durable

Renouveler et innover avec l’aide des pays industrialisés. Annick Girardin, la secrétaire d’Etat chargée du développement et de la francophonie était au Cameroun et un peu partout en Afrique ces dernières semaines pour préparer la COP 21 et prêcher pour l’économie verte. “Paradoxalement, le sous-développement a fait que l’Afrique est devenue un laboratoire du développement durable. Au Kenya, par exemple, on recharge les batteries des téléphones sont rechargées grâce à l’énergie solaire. L’Afrique des solutions existe !”, s’enthousiasme la secrétaire d’Etat.

Et autre exemple de cette Afrique des solutions, le charbon bio à base d’épluchures de banane, invention de quelques étudiants de Douala. Un charbon moins nocif pour la santé et qui en plus dégage deux fois moins de dioxyde de carbone qu’un charbon classique.

Source : © FRANCE INTER

Par Philippe Randé

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