VIDEO. Canal+ : La palme de la honte pour Vincent Bolloré

Vendredi, dans «Le zapping» dont il est le créateur, Patrick Menais s’est payé son boss. Retour sur le début de la fin.

Depuis 1989, Patrick Menais est aux manettes du «Zapping», programme culte de six minutes qui aligne des images qui sont passées les dernières 24 heures à la télévision, toutes chaînes confondues. On y voit défiler des moments drôles, étranges ou émouvants, mais toujours sous un œil critique, libre et impertinent.

Depuis plus de vingt-cinq ans, succès et audience sont au rendez-vous, mais ça, c’était avant l’arrivée de l’homme d’affaires français Vincent Bolloré à la tête de la chaîne.

Censure et liste noire

En 2015, un des premiers faits d’armes de Bolloré, une fois à la tête de Canal+ en tant qu’actionnaire majoritaire de Vivendi (2e groupe de divertissement du monde derrière The Walt Disney Company), c’est de remplacer le patron en place depuis treize ans, Bertrand Méheut, par Jean-Christophe Thierry, un de ses proches. Depuis, il censure des reportages et les têtes continuent de tomber. Mais l’homme d’affaires breton ne s’intéresse pas uniquement aux chaises musicales et à sa conquête du continent africain (d’où il tire 80% de sa fortune), il s’intéresse aussi de très près aux programmes. L’annonce de la suppression possible des «Guignols de l’info» au début de l’été 2015 avait suscité l’émoi du public et installé des craintes à l’interne. Les changements au «Grand Journal» aussi, avec à sa tête une gentille Maïtena Biraben en bon petit soldat. Début octobre 2015, les zappeurs s’étaient déjà fait réprimander après qu’ils avaient osé montrer des séquences d’un documentaire sur le Crédit Mutuel, diffusé la veille par France 3 mais censuré quelques semaines plus tôt par Canal.

En mars de cette année, une nouvelle affaire fait du bruit. En effet, le Canard enchaîné publie «La liste noire des vedettes de Canal+ que Bolloré veut virer». On y retrouve, entre autres, Jean-Baptiste Rivoire, rédacteur en chef de «Spécial investigations», Bruno Gaccio et Patrick Menais, patron du «Zapping». C’est que ce dernier, contre l’avis de Bolloré, s’est moqué plusieurs fois de Cyril Hanouna, chouchou et animateur de D8, autre propriété du patron. «Nous sommes désormais un groupe global. Il faut que vous arrêtiez de faire passer Hanouna pour un demeuré (…)», avait alors réagi Bolloré, comme un avertissement à ses équipes.

Ultime acte de résistance?

8 avril, début d’après-midi, les réseaux sociaux sont en feu. «Meilleur zapping de tous les temps, Patrick Menais, respect à vie #désobéissance», «Voilà une forme d’hommage au défunt esprit Canal. Libre et courageux» ou encore «Patrick Menais, le Cyrano du Zapping, ou comment finir avec panache…» commentent les gens à propos du programme. Un «Zapping» monté à base d’extraits de l’émission «Complément d’enquête» de France 2, entrecoupé de séquences paraissant anodines, mais toujours en pied de nez à l’homme d’affaires «pirate du capitalisme français» ou «roi des gitans»… Lire la suite à LE MATIN.CH

 

Source : © LE MATIN.CH

Par Caroline Piccinin