Victor Tonye Bakot : les raisons d’une démission

La nouvelle est tombée de manière officielle, lundi 29 juillet 2013 au journal parlé de 13h au Poste National de la radio Camerounaise. Selon les termes du communiqué lu pour la circonstance, l’archevêque métropolitain de Yaoundé Monseigneur Victor Tonyé Bakot a renoncé à sa charge.

Il aurait donc renoncé à sa charge. Une terminologie propre à l’église catholique un peu comme celle utilisée pour lors du départ à la retraite du pape Benoît XVI. Mais entre les deux hommes les similitudes ne sont pas nombreuses. Celui qui a trôné pendant près d’une décennie à la tête de l’archidiocèse de Yaoundé a suscité de vives controverses ; mal aimé, vomi par les autochtones, accusé d’affairisme voire d’enrichissement personnel, l’ancien évêque d’Edéa dans la Sanaga maritime  n’a pas eu un séjour de tout repos dans la capitale Camerounaise. Il n’a cessé de justifier ses actes, parfois de manière maladroite, très souvent dans un silence suspect. A propos du bradage des biens de l’église, il a toujours opposé la situation d’endettement dans la quelle il a trouvé la maison. D’une dette évaluée à environ 4 milliards à son arrivée, il affirme avoir remboursé plus de la moitié. Cet argent il fallait bien le trouver s’insurge t’il. Cet argument du prélat est balayé du revers de la main par des sources à l’intérieur même de la maison, notamment à la Procure Général des Missions (PGM), qui s’est plusieurs fois insurgée face à la gestion jugée calamiteuse de l’archevêque.

L’autre raison qui pourrait expliquer cette ‘’renonciation’’ est le climat conflictuel qui a longtemps régné entre Victor Tonyé Bakot et les autochtones de Yaoundé.  Il était considéré comme un ‘’allogène’’ occupant une place qui devrait revenir à un Beti précisément originaire de Yaoundé. Cette tension a connu son paroxysme en avril 2013 lors de la conférence épiscopale. Les travaux avaient été interrompus par des dizaines d’’autochtones’’ avec des pancartes sur les quelles ont pouvait lire entre autres: « l’église catholique de Yaoundé est mise en vente en pièce détachées par son Archevêque   Victor Tonyé Bakot. Nous nous élevons contre cette grande braderie. Un mettre carré de terre au cimetière de Mvolyé est vendu à 1 million de FCFA nous payons pour enterrer nos morts chez nous ».

On garde en outre en mémoire, la vive polémique suscitée en juillet 2012, par une note du prélat au sujet des statistiques concernant les origines des enseignants et des étudiants de la faculté de gestion de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC). Cette note s’inquiétait du grand nombre de ressortissant de la région de l’Ouest Cameroun dans la dite faculté. L’Archevêque avait alors été indexé par la presse de mener une chasse aux enseignants et étudiants bamiléké.
    
Certaines sources proches de l’église catholique à Yaoundé estiment que l’Archevêque désormais émérite, a été poussé vers la sorti par sa hiérarchie. Alors que Jean Mbarga nommé Administrateur Apostolique, précédemment évêque d’Ebolowa dans la Région du sud, prend provisoirement la tête de l’Archidiocèse, de nombreux fidèles catholiques veulent retenir de Victor Tonyé Bakot, l’image d’un homme qui a eu le courage de dénoncer et de condamner publiquement l’homosexualité.

Hakim Abdelkader