USA – World Trade Center : Le nouveau consul américain de l’Ouest raconte son 11 septembre – 11/09/2014

En 2011, je travaillais comme analyste chez Goldman Sachs, à New York. Mon bureau était situé au sud de Manhattan, dans l’une des deux tours du World Trade Center. Ce jour-là, je suis arrivée à 8 h 32, comme chaque matin, en autobus. J’avais une réunion dans un bâtiment voisin, à 9 h.

Tashawna Bethea, nouveau consul américain de l'Ouest.
Tashawna Bethea, nouveau consul américain de l’Ouest.

J’ai décidé d’aller directement dans la salle de réunion. Je discutais avec un collègue quand j’ai vu un avion qui est passé devant la fenêtre. Il a percuté la tour en face. Nous avons été choqués. Notre bâtiment a tremblé. Mais jamais nous n’avons pensé à un acte terroriste. C’était très triste, très grave. On voyait les gens qui sautaient par la fenêtre, qui allaient vers la mort. Cette image est longtemps restée gravée dans ma tête.

J’ai rampé 400 mètres

Après l’effondrement des tours, il était très difficile de voir à plus de quelques mètres. Il y avait beaucoup de cendres. Nous sommes descendus du 40e étage du bâtiment. Tout le monde était tassé au rez-de-chaussée, avec l’interdiction de sortir. On n’avait aucune communication, aucun contact avec l’extérieur. Les lignes téléphoniques étaient coupées. Tout le monde pensait aux dernières minutes de la vie. Chacun priait, se disait au revoir, adieu. C’était irréel. Tout était à l’arrêt : dehors et à l’intérieur. En quelques instants, la folle vie new-yorkaise a été plus silencieuse que la mort. L’air était épais. Nous sommes restés comme cela jusqu’à 21 h, quand des équipes de secours sont venues.

Nous avions ordre de ramper jusqu’à la rivière Hudson, sur 400 mètres, pour être pris en charge par des petits bateaux de sauvetage. Il fallait passer sous les cendres et les fumées. C’était la panique et l’état de choc général. Personne ne parlait, y compris dans le bus, dans le train.

Nourris par hélicoptère

Le 11 septembre 2001 était un mardi. Dès le vendredi, nous avons été appelés pour retourner au travail. Au même endroit, dans la même tour. C’était très difficile. Dans la rue, on croisait des personnes avec des photos, qui recherchaient des proches ou des collègues… On nous envoyait la nourriture par hélicoptère. Une ambiance apocalyptique.

Jusqu’au mois de mars suivant, six mois durant donc, les sapeurs-pompiers étaient présents. Ils luttaient constamment contre le feu qui ne s’éteignait pas. Le 11-Septembre a créé un traumatisme très profond, épouvantablement douloureux. Je n’ai pas pu parler de ce drame pendant des nombreuses années. Seulement depuis deux ou trois ans. Cet événement a changé ma vie. »

Source : Ouest-France.fr

Recueilli par Linda BENOTMANE

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