Transport aérien : Avec 500.000 vols annuels l’Asecna déclare son espace sans risque

Une vue de l'aéroport international de Douala au Cameroun | Illustration/DR
Une vue de l’aéroport international de Douala au Cameroun | Illustration/DR

Symbolique d’une croissance appréciable qui au demeurant reste encore à assurer le bien-être des populations du continent, le transport aérien continue de stagner à une moyenne annuelle de 500.000 vols pour l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) et ses 18 pays membres, dans un espace pourtant déclaré sans risque.

Près d’un demi-siècle après sa création le 19 décembre 1959 à Saint-Louis (Sénégal) avant d’établir par la suite son siège à Dakar, la capitale du pays, l’Asecna, qui regroupe en son sein le tiers des 55 pays africains, a accompli de réels progrès pour rendre ses 16 millions de kilomètres carrés de superficie un espace sûr pour la navigation aérienne, assurent ses dirigeants.

“Nous sommes dans ce que nous appelons l’amélioration continue. Il y a bientôt un an, l’Asecna a obtenu la certification ISO 9001 version 2008 de l’ensemble de ses services, donc la reconnaissance de la qualité des services fournis par l’Asecna”, a vanté à la presse lors d’une réunion d’experts ouverte mardi à Yaoundé, Claire Josette Obame-Edou, le directeur de l’exploitation technique de l’organisme.

Pour atteindre ses objectifs, a révélé celle-ci à Xinhua, l’agence s’est dotée d’un vaste programme d’investissement pluriannuel qui, pour l’année 2015, se chiffre à plus de 90 milliards de francs CFA (180 millions de dollars), des ressources mobilisées sans l’apport des Etats qui s’étaient entendus il y a longtemps pour mettre fin au versement des cotisations statutaires.

L’utilisation de ces fonds englobe l’acquisition puis l’installation des équipements et la formation des ressources humaines dont particulièrement les contrôleurs de la circulation aérienne pour la sécurité dans les principaux aéroports des pays membres. Au Cameroun par exemple, l’aéroport international de Douala s’est vu équipé d’un radar de surveillance d’une portée de 500 kilomètres.

La mise à disposition de ce dispositif est salutaire pour éviter des situations semblables à celle du crash d’un avion de la compagnie kényane Kenya Airways survenu il y a quelques années après son décollage de cet aéroport et où les équipes de recherche avaient mis plusieurs jours pour repérer le site de la tragédie, pourtant voisin de l’aérodrome.

Les mêmes espoirs sont formulés au sujet de deux groupes électrogènes d’une capacité de 300 Kva octroyés “afin de garantir la fourniture de l’énergie électrique de haute qualité et l’éclairage de la piste de nuit et par mauvaises conditions météorologiques” à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, précise en outre Mme Obame-Edou.

C’est une solution viable à une défaillance technique importante qui avait plongé dans le noir cet aéroport de la capitale camerounaise pendant plusieurs jours en 2013 et entraîné un report de vols vers celui de la métropole économique.

Avec celui de Garoua (Nord), le parc automobile des deux aéroports principaux du Cameroun, par ailleurs pourvu en équipements de cisaillement des vents, s’est aussi enrichi de la mise en circulation de cinq nouveaux véhicules de sauvetage et de lutte contre l’incendie.

Ces efforts à eux seuls ne suffisent pas pour autant pour permettre une sécurisation totale de la navigation aérienne dans la zone Asecna.

Comme le mentionne le directeur de l’exploitation technique, la recherche et le sauvetage nécessitent de gros moyens et une bonne organisation, deux facteurs essentiels de la gestion des accidents d’avion qui font cruellement défaut dans les pays africains.

Le mauvais état des appareils et dans certains cas des infrastructures aéroportuaires elles-mêmes est aussi une grande source de préoccupation, dont la responsabilité de la recherche des solutions incombe plutôt aux Etats. “L’Asecna s’occupe de la fourniture des services de navigation aérienne. L’Asecna ne s’occupe pas de l’état du matériel volant”, fait savoir Claire Josette Obame-Edou.

“En notre qualité de fournisseurs de services de navigation aérienne, bien qu’exerçant dans un secteur de quasi-monopole, souligne-t-elle cependant, nous n’avons pas d’autres choix que de nous remettre en question de façon perpétuelle, dans une démarche d’amélioration continue, car nous assurons tous les jours, au nom des Etats qui nous ont mandatés, la sécurité de centaines de milliers de personnes”.

Des centaines de milliers de personnes qui ne sont autre que des “passagers des avions qui traversent nos espaces aériens, ou décollent et atterrissent sur nos aéroports”.

C’est le principal enjeu de la réunion d’information de vol de la région Brazzaville, qui s’est ouverte mardi jusqu’à vendredi à Yaoundé, en présence du tout nouveau ministre camerounais des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o, précédemment ministre délégué à la présidence chargé de la Défense.

Avec la participation du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale et de la République centrafricaine (RCA), les cinq pays formant la région d’information de vol de Brazzaville, ces assises sont élargies à l’Angola, au Ghana, à la République démocratique du Congo (RDC), à Sao Tomé et Principe, au Sénégal, au Soudan et au Tchad.

Pour Mme Obame-Edou, “le transport aérien traduit l’activité économique d’une zone donnée. Si nous améliorons la situation économique de nos pays, forcément le trafic aérien va augmenter. Mais nous sommes en train de faire des efforts en Afrique”.

En ce qui la concerne, l’Asecna multiplie les actions pour une gestion sûre et efficace du trafic aérien dans sa région.

D’après les statistiques internationales récentes, l’Afrique représente 5% du transport aérien et 18% des accidents d’avion dans le monde. L’Asecna affirme que ces données ne font plus autorité, la situation de la navigation s’étant améliorée.

Source : © Agence de presse Xinhua