Total, première compagnie pétrolière en Afrique – 23/10/2014

Le siège de Total à La Défense le 21 octobre 2014 .  AFP
Le siège de Total à La Défense le 21 octobre 2014 . AFP

Cinquième compagnie pétrolière mondiale, le groupe français Total est numéro un en Afrique, une position renforcée par l’action de son défunt patron Christophe de Margerie qui avait tissé des liens personnels avec les dirigeants du continent, prenant directement les dossiers en main.

L’Afrique est aujourd’hui la principale zone d’extraction pour Total, lui fournissant 31% de sa production quand la moyenne mondiale est d’environ 20%. Le groupe pétrolier y emploie directement environ 10.000 personnes, 10% de ses effectifs.

Cette puissance en Afrique, Total la doit en grande partie à son rachat d’un autre groupe pétrolier français, Elf Aquitaine, en 2000. Mais aussi à l’impulsion de Christophe de Margerie, tué lundi soir dans un accident d’avion à Moscou.

“Christophe de Margerie était le Monsieur Afrique de son groupe, il était extrêmement actif sur tous les dossiers”, observe le spécialiste du continent Antoine Glaser.

“Il travaillait vraiment à l’africaine, les yeux dans les yeux. Il avait une relation avec tous les chefs d’Etat, il les voyait seul”, ajoute-t-il.

Ces relations personnelles avait selon lui remplacé les rapports troubles de l’époque de la “Françafrique”. Ce système de collusion entre les intérêts politiques et industriels français d’une part et les dirigeants corrompus d’anciennes colonies d’autre part a longtemps permis aux groupes français d’occuper des positions enviables en Afrique.

“Quand il y avait un problème, il suffisait de passer un coup de fil à l’Elysée (la présidence française) et l’affaire se réglait rapidement”, rappelle Antoine Glaser. “Jamais on aurait alors imaginé que le groupe Total ait un redressement fiscal au Gabon!” Une mésaventure qui lui est arrivée il y a quelques mois.

“La Françafrique, pour moi, elle n’existe plus, ou alors elle est vraiment en fin de course”, avait d’ailleurs observé Christophe de Margerie en 2002.

“Dans le pétrole, on ne fait plus les choses comme avant. On ne cherche plus à contrôler les pays comme on le faisait autrefois, et je suis assez fier de ce que Total fait en Afrique, globalement”, avait-il ajouté.

Christophe de Margerie, ancien patron de Total décédé dans un accident d'avion, à Moscou le 13 juillet 2007. AFP
Christophe de Margerie, ancien patron de Total décédé dans un accident d’avion, à Moscou le 13 juillet 2007. AFP

“Je ne dis pas que c’est toujours parfait mais, globalement, c’est bien. Arrêtons de se flageller avec ça, du moment que les revenus soient distribués de manière légitime et transparente”, assurait-il.

– plus grand réseau de stations-service –

Atout indéniable sur un continent en pleine croissance, Total y dispose aussi du plus grand réseau de stations-service, dont le “bonjour” des boutiques ne se limite pas à l’Afrique francophone. Il détient par exemple le monopole des stations des parcs nationaux sud-africains.

Total contrôle notamment 58% de Total Gabon, première entreprise gabonaise qui est l’héritière de la Société des pétroles d’Afrique équatoriale française (Spaef). Cette société fondée en 1949 avait découvert son premier gisement commercialement exploitable en 1956, juste avant l’indépendance. Elle a été absorbée en 1960 dans l’Union générale des pétroles, qui elle-même est devenue Elf sept ans plus tard.

Au-delà de ce fief historique, Total est surtout actif au Nigeria et en Angola. Le premier étant selon l’expert Jean-Marie Chevalier “un pays extrêmement difficile pour la prospection et l’exploitation pétrolière, avec des attentats, des sabotages, des enlèvements et des vols de pétrole, et une situation institutionnelle complexe”, et le second “une source de brut extrêmement intéressante avec l’off-shore profond” en dépit de l’arrivée de compagnies concurrentes.

Total s’est largement développé au-delà de son pré carré ces dernières années. L’entreprise a lancé des recherches en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, au Mozambique, au Ghana, au Kenya, en Mauritanie et en Ouganda, et a fortement investi dans des “méga-projets” tels que CLOV –où la production vient de démarrer– et Kaombo en Angola ou Moho Nord au Congo.

Le groupe français, qui ne publie pas de chiffres détaillés par pays, produit 713.000 barils équivalent pétrole par jour en Afrique. Il a aussi entrepris de se diversifier, en décrochant par exemple l’an dernier un contrat pour la construction d’une centrale solaire.

Source: AFP

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