Terrorisme, piraterie, escroquerie… : L’image du Cameroun fortement dégradée – 09/05/2014

Les Occidentaux ne cachent pas leur inquiétude face à la dangerosité de la destination Cameroun. Dans les sites Internet réservés à leurs compatriotes devant se rendre au Cameroun ou y séjournant, les alertes sont de plus en plus fréquentes, qui conseillent à la prudence, non seulement sur le plan sécuritaire, mais aussi sanitaire.

Soeur Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos et membre de la Congrégation Notre-Dame, basée à Montréal et enlevée par Boko Haram au Cameroun le 4 avril 2014 (Congrégation Notre-Dame).
Soeur Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos et membre de la Congrégation Notre-Dame, basée à Montréal et enlevée par Boko Haram au Cameroun le 4 avril 2014 (Congrégation Notre-Dame).

Sur une note intitulée « dernière minute » qui figure dans le site Internet de l’ambassade de France au Cameroun, on peut lire : «Suite aux récents enlèvements dans la région Extrême-Nord, le 19 février 2013, le 14 novembre 2013 et le 4 avril 2014, il est demandé à tous les Français encore présents dans la zone de la quitter dans les meilleurs délais. Tout déplacement dans la zone est formellement déconseillé, la sécurité des Français n’étant plus assurée. Par ailleurs, il est déconseillé, sauf raison impérative, de se rendre dans les régions du Nord et de l’Adamaoua». Ou encore «Les événements en Centrafrique ont provoqué dans les régions frontalières des accrochages entre la Séléka et les forces de sécurité camerounaises ainsi qu’un mouvement de réfugiés, parmi lesquels pourraient se trouver des individus peu scrupuleux. Toute présence dans ces zones, notamment dans les villes de Garoua-Boulaï et de Gamboula, est formellement déconseillée».

France diplomatie, un autre portail Internet écrit : «Le taux de criminalité au Cameroun demeure d’un niveau raisonnable. Cependant les Français peuvent constituer une cible privilégiée pour les délinquants de toutes sortes. Les agressions, principalement motivées par le vol de biens matériels ou d’objets de valeur, peuvent s’accompagner de violences graves pouvant aller jusqu’au meurtre. Le risque terroriste ne peut être écarté, en particulier dans l’Extrême-Nord, formellement déconseillée et dans les lieux fréquentés par les étrangers et dans les grandes villes ». Dans les grandes agglomérations, ajoute le site, il est conseillé de prendre certaines précautions tant lors des déplacements à pied ou en véhicule, qu’à domicile (hôtel, appartement situé en étage, villa). Des rôdeurs isolés mais aussi des bandes organisées se livrent à des cambriolages et à des agressions nocturnes.

Risque routier

« Des agressions ont régulièrement lieu, de jour comme de nuit, sur les routes. Il est donc vivement conseillé de se déplacer en convoi de jour, de ne pas rouler la nuit et d’éviter de transporter d’importantes sommes d’argent, mais d’avoir, en revanche, quelques billets qui pourront être remis, sans délai et sans hésitation, en cas d’agression. Il est vivement conseillé de ne pas résister. Les axes routiers (routes goudronnées et pistes de brousse) dans les régions de l’Extrême Nord (formellement déconseillée), de l’Adamaoua et du Nord (déconseillées sauf raison impérative) et le long des frontières Est et Nord-Ouest (formellement déconseillées, sont de traditionnels lieux d’attaques périodiques par des bandes armées (coupeurs de route). Une recrudescence du phénomène est perceptible, ainsi qu’une extension des régions concernées. En conséquence, la prudence est recommandée dans l’ensemble du pays».

Le risque routier est également signalé aux Français se trouvant ou à destination du Cameroun: « Sur les routes et les pistes, en tout premier lieu sur l’”axe lourd” Yaoundé-Douala, le comportement imprévisible de nombreux conducteurs entraîne une insécurité permanente et nécessite une attention de tous les instants. La circulation de nuit y est particulièrement dangereuse».Les zones formellement déconseillées indiquées en rouge sur une carte sont, selon France-diplomatie : Frontière nigériane : toute la zone frontalière avec le Nigeria (du lac Tchad au golfe de Guinée) sur une profondeur de 30 kms, du fait d’incursions potentielles et avérées de groupes terroristes ou criminels à partir du Nigeria. Toute la région Extrême-Nord du Cameroun, des rives du lac Tchad jusqu’au sud de Maroua, est formellement déconseillée du fait du risque terroriste et du risque d’enlèvements, attestés par les rapts de Français et d’autres occidentaux, survenus le 19 février 2013, le 14 novembre 2013 et le 4 avril 2014. «Il est actuellement vivement recommandé aux Français de quitter la région». Les villes de Garoua-Boulaï et de Touboro sont particulièrement déconseillées.

Tensions croissantes

La traversée de la zone rouge par les personnes empruntant les routes reliant Yaoundé à Ngaoundéré via Garoua-Boulaï, ainsi que celles qui relient Garoua et Ngaoundéré à Moundou (Tchad) via Touboro, doit se faire sous escorte armée. Il en est de même des déplacements par route dans le sud-est du Cameroun impliquant de passer par Yokadouma. D’autres zones indiquées par la couleur orange sont déconseillées «sauf raison impérative»: dans les régions du Nord (Garoua) et de l’Adamaoua (Ngaoundéré), les Français estiment que le risque terroriste est moins élevé que dans l’Extrême-Nord. Cependant, signale France-diplomatie, «des tensions croissantes sont perceptibles et des incidents de sécurité régulièrement signalés : coupeurs de route, découvertes de caches d’armes, infiltration d’éléments armés incontrôlés venus de l’extérieur».

Sont aussi classées, des ‘zones à vigilance particulièrement renforcée: Dans cette perspective, la plus grande vigilance est recommandée lors de séjours dans les stations balnéaires (Kribi, Limbe). Des attaques sur les villes côtières par des pirates lourdement armés se déplaçant à bord de vedettes rapides ont déjà eu lieu (notamment à Bata, en Guinée équatoriale et contre des banques à Limbe en 2007. Par ailleurs, il est rappelé qu’il est strictement interdit de s’approcher à moins de 500m d’une plate-forme pétrolière ; cette interdiction pouvant être portée à 2 ou 3 milles nautiques dans certaines zones.

Vivre au Cameroun semble donc extrêmement dangereux : il convient d’être vigilant quelle que soit la période. Mais, il faut redoubler de vigilance aux périodes de l’année où la population est particulièrement en manque d’argent : décembre et janvier (autour des fêtes de fin d’année) ; septembre (rentrée scolaire). Éviter d’exhiber tout article de valeur ou de nature à attirer la convoitise (sacs à main, cellulaires, montres, bijoux, appareils photo…). Les sacs à main sont à proscrire sur les marchés et dans les quartiers sensibles. Il faut éviter d’y porter des objets précieux (grosse somme d’argent, bijoux, téléphones…) et tous ses documents. Les vols à l’arraché sont fréquents. Ne portez jamais sur vous d’importantes sommes d’argent, mais en revanche ayez quelques billets et pièces qui pourront être remis, sans délai et sans hésitation, en cas d’agression.

En ville, circulez en voiture vitres fermées et portières verrouillées et ne laissez jamais sacs, bagages ou objets de valeur visibles dans l’habitacle du véhicule. Ne tentez jamais de résister aux exigences des agresseurs qui, en général ne visent que les valeurs ou les biens. Ne vous rendez pas dans les quartiers défavorisés et sur les marchés populaires sans être accompagné d’un guide ou d’une personne connaissant les lieux. Se montrer attentif, sur les pistes ou les routes, à toute interruption anormale du trafic en sens inverse (ce qui pourrait être le signe d’une attaque de véhicule en amont).

Agressions violentes

Côté transports, France-diplomatie signale que «les routes et les pistes sont en général dangereuses en raison du comportement de conducteurs, souvent non titulaires du permis de conduire, irresponsables ou en état d’ébriété ». L’axe “lourd” reliant Douala à Yaoundé est réputé pour être l’un des plus meurtriers du monde. Le danger y est omniprésent : sur la route (comportements, ornières,…) et aux abords (piétons, camions ou véhicules stationnés ou accidentés…). La vigilance requise consiste en particulier à anticiper les dépassements en dehors des zones autorisées et sans visibilité, dans les virages, à anticiper la présence devant soi de camions chargés (grumiers…) roulant avec peu ou pas d’éclairage à des allures parfois très lentes notamment en côte (environ 20 km/heure). Ces camions peuvent stationner en chevauchant la chaussée sans se signaler. Les conducteurs font régulièrement des écarts pour éviter une ornière sur la route et peuvent ainsi se retrouver face à vous. Il est vivement recommandé de boucler sa ceinture de sécurité à l’avant et à l’arrière de la voiture et de conduire prudemment en limitant sa vitesse.

L’ambassade de Belgique n’est pas en reste : «suite à plusieurs agressions violentes avec armes à feu dans des hôtels de la place, dont, entre autres, ont été victimes en février 2013 des expatriés, il est fortement déconseillé de se rendre actuellement dans la ville de Limbe, située dans la région ”Sud-ouest”. De plus, « l’Ambassade de Belgique enregistre un nombre croissant de plaintes de Belges victimes d’escroqueries commerciales et sentimentales via internet.  La plus grande prudence s’impose absolument dans le cadre de ces relations ou transactions ». En outre, signale l’ambassade de Belgique, « des citoyens belges sont décédés de manière suspecte après avoir contracté des mariages avec des Camerounaises. Les familles de certains d’entre eux ont porté plainte auprès des autorités judiciaires».

Source : © Le Messager

Par Edouard KINGUE

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