Tchad – Lutte contre le Terrorisme : Accroissement de la vigilance contre Boko Haram – 22/02/2015

Les présidents Deby ('Tchad), Boni (Bénin) et Biya (Cameroun) sont en pointe dans la lutte contre Boko Haram. | © Jim Watson / AFP
Les présidents Deby (‘Tchad), Boni (Bénin) et Biya (Cameroun) sont en pointe dans la lutte contre Boko Haram. | © Jim Watson / AFP

Après la première attaque de la secte terroriste nigériane Boko Haram sur son territoire, la semaine dernière, le Tchad élève sa vigilance et mise sur la collaboration entre les populations civiles et les forces de défense et de sécurité pour prévenir une nouvelle surprise.

“Aujourd’hui, notre voisin direct n’est pas le Nigéria, mais plutôt Boko Haram. Cette secte occupe trois grandes localités frontalières avec notre pays”, déclare Abdérahim Birémé Hamid, ministre tchadien de l’Administration territoriale et de la Sécurité publique.

“L’ère n’est plus à l’hésitation. Tout le monde doit être impliqué dans la sécurisation des quartiers et de toute la capitale”, ajoute M. Abdérahim Birémé Hamid. Selon lui, le mode opératoire de la secte terroriste nigériane, qui se serve notamment des femmes, voire des enfants, en leur attachant des explosifs pour mener des attentats, doit interpeller tout citoyen ayant l’amour de sa patrie.

Mardi, le ministre tchadien de l’Administration territoriale et de la Sécurité publique a rassemblé tous les collaborateurs de l’Administration territoriale, notamment les maires des communes d’arrondissement, les délégués de quartier, les chefs de carrés, les chefs de races et autres chefs coutumiers de N’Djaména, la capitale du Tchad, pour les exhorter à la vigilance.

“Boko Haram, dans ses opérations au Nigeria, se sert souvent d’infiltrations auprès des familles pour enlever leurs enfants ou les menacer à adhérer à leur cause. Dans ce sens, le chef de carré, étant proche et familier de ses concitoyens, peut rapidement détecter les présences suspectes”, précise le responsable gouvernemental tchadien.

Pendant de longs mois, le Tchad avait été épargné des attaques de Boko Haram. Mais la donne a changé depuis que le président tchadien Idriss Déby Itno a décidé, à la mi-janvier et avec l’aval du Parlement, d’envoyer des contingents au Cameroun, au Nigéria et au Niger pour lutter contre la secte islamiste.

Le 13 février, des éléments de Boko Haram ont traversé le Lac Tchad, qui sert de frontière naturelle entre le Nigéria et le Tchad, et ont attaqué la presqu’île tchadienne de Ngouboua. Cette première attaque de la secte terroriste nigériane sur le sol tchadien avait fait deux morts du côté tchadien (un militaire et un chef local “tué par une balle perdue”) et autant de victimes Boko Haram.

Le gouvernement tchadien est passé à la vitesse supérieure dans la lutte contre la secte nigériane Boko Haram. Des dizaines de véhicules blindés, des chars à chenilles sur des porte-chars, des camionnettes bourrées de militaires sont partis renforcer les positions de l’Armée nationale tchadienne (ANT) aux abords du Lac Tchad.

Des hauts gradés de l’ANT se sont succédé dans la région pour exhorter les populations civiles à une franche collaboration avec les forces de défense et de sécurité afin de lutter efficacement contre Boko Haram.

Des mesures exceptionnelles ont été prises à Ngouboua qui accueille plus de 7.000 réfugiés nigérians et dans les autres localités de la région du Lac, notamment l’interdiction de circuler à moto la nuit, le suivi de mouvements de personnes suspectes, etc.

Depuis plusieurs semaines, les services de renseignement et de sécurité tchadiens ont redoublé la vigilance sur la porte d’entrée du Cameroun. La route Maroua-Kousseri (la ville du nord Cameroun, séparée de N’Djaména, la capitale tchadienne, par un fleuve) étant devenue impraticable à cause des attaques de Boko Haram, le trafic s’est détourné vers plus au sud, par les villes camerounaise de Yagoua et tchadienne de Bongor.

Aux entrées nord et sud de la capitale tchadienne et à l’intérieur du pays, les barrières de route ont été remises en place. Tous les véhicules et leurs passagers sont passés au peigne fin par des gendarmes, gardes nomades et les redoutables “bérets rouges”.

Sur le pont de Nguéli, qui relie N’Djaména à Kousseri, policiers et gendarmes tchadiens et camerounais contrôlent minutieusement les entrées et sorties. La circulation des motocyclettes y est interdite.

Dans les quartiers de N’Djaména et alentours, les fouilles et interpellations se poursuivent nuit et jour. La sécurité a été également renforcée dans les lieux publics, tels les écoles, marchés ou maisons de culte.

“Nos services de défense et de sécurité travaillent 24h/24. Je ne peux pas rentrer dans les détails de notre dispositif, mais je vous assure que nos services font du bon travail”, conclut le ministre tchadien de l’Administration du territoire et de la Sécurité publique.

Source : © Agence de presse Xinhua

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