Tchad – Liberté d’expression : Amnesty International dénonce la condamnation de quatre activistes

 Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique occidentale et centrale à Amnesty International | DR
Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique occidentale et centrale à Amnesty International | DR

Dans un communiqué que vient de recevoir CAMERPOST, Amnesty international se prononce sur la condamnation de quatre activistes en violation de l’exercice du droit à la liberté d’expression, d’association et de manifestation pacifique au Tchad. Le tribunal de grande instance de N’djaména a rendu son verdict hier jeudi 14 avril 2016 condamnant à 4 mois de prison avec sursis Mahamat Nour Ibedou, Younous Mahadjir, Nadjo Kaina Palmer et Celine Narmadji, des figures de la société civile qui voulaient organiser une série de manifestations pacifiques contre la candidature à un cinquième mandat du président Idriss Déby. Le tribunal leur a également interdit de « se livrer à des activités subversives ».

D’après Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique occidentale et centrale à Amnesty International : « ce verdict est l’illustration d’une sévère intolérance des autorités face à l’exercice du droit à la liberté d’expression. Au Tchad, les acteurs de la société civile sont soumis à une  terrible pression  et doivent vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête ». La compatriote renchérit : « la répression généralisée exercée sur les voix dissidentes dans un contexte électoral difficile compromet l’exercice des droits humains de la population».

Le communiqué révèle que les quatre activistes ont été arrêtés entre le 21 et le 23 mars dernier. Leur procès a été ouvert le jeudi 7 avril sous une haute surveillance policière. Dans son réquisitoire, le Procureur avait retenu les charges de « provocation à un attroupement non-armé », « tentative de trouble à l’ordre public » et « désobéissance à une autorité légitime ». Dans leur verdict, les juges les ont reconnus coupables de « provocation d’un attroupement non-armé ». Leurs avocats ont immédiatement introduit un appel. Outre les quatre activistes dont le jugement a été rendu ce jeudi, un cinquième est en détention depuis le  4 avril. Le Dr Albissaty Salhe Alazam a été inculpé pour « provocation à un attroupement non-armé », « tentative de trouble à l’ordre public » et « désobéissance à une autorité légitime ». Son procès  initialement prévu pour le 11 avril, a été reporté au 18 avril. Toutes choses que décrie Amnesty International.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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