Tchad – Homosexualité : N’Djamena cède sous la pression de la communauté internationale

N’Djamena cède sous la pression de la communauté internationale | Ph. Illustration

Le texte introduit dans le nouveau code pénal a été adopté par une majorité écrasante des députés. A peine adopté, la société civile et les milieux confessionnels contestent.

L’Assemblée nationale tchadienne a adopté le texte annulant presque la répression d’accusation de cas d’homosexualité en début de semaine. C’est par 111 voix pour et une seule contre et 4 abstentions. Le nouveau code qui remplace celui de 1967. Le texte actuel prévoit juste une peine pécuniaire. La peine de prison ne frappe plus les personnes accusées d’actes d’homosexualité. Pour le gouvernement tchadien, ce nouveau permet de concilier les conservateurs et une opinion internationale rigide sur cet aspect de la vie.

En 2014, le gouvernement avait introduit la mention pénalisante dans le projet de code pénale. Ce qui avait irrité l’opinion internationale adepte farouche du mariage pour tous. C’est sous cette pression que le pouvoir s’est donc résolu à abolir la peine de privative de liberté dans le code pénal adopté il ya quelques jours seulement. Cette victoire des milieux occidentaux va courroucer la société civile et les seigneurs du culte qui parle d’une presque abomination.

En effet, ici on évoque que l’homosexualité est condamnée par l’islam et on ne peut pas pardonner quelque chose que Dieu lui même rejette. Les Tchadiens musulmans représentent 53,1% de la population et l’islam est donc la religion la plus répandue sur un total de 11 631 456 habitants, selon les chiffres de 2011.

Pour un camerounais rencontré à Yaoundé, le sujet mérite qu’on s’y attarde quand cette histoire d’homosexualité est adoptée dans le pays du président en exercice de l’Union africaine, le président Idriss Déby Itno au pouvoir depuis 1990. Il ajoute qu’il risque d’avoir un effet d’entrainement.

Le Tchad par cette adoption de l’homosexualité devient le premier pays de la francophonie à avoir mis en pratique, l’une des résolutions de l’Organisation internationale de la Francophonie- OIF-prise lors du 16ème sommet de l’institution, tenue dans la capitale malgache du 26 au 27 novembre dernier.

Outre l’abrogation de la peine de peine de mort, le nouveau code pénal relève l’âge du mariage qualifié de précoce au Tchad. Il passe de 16 à 18 ans. Selon l’Organisation mondiale de la santé l’Afrique subsaharienne bat les records en termes de mariage précoce avec plus de 39 000 mariages par jour soit 14 millions de filles au foyer par an. Au Tchad les chiffres sont alarmants selon la ministre tchadienne de la femme « vingt-huit pour cent des femmes de 15 à 49 ans mariés avant 15 ans et 69% des femmes de 20 à 49 ans ont été mariés avant l’âge de 18 ans », selon les chiffres 2010. Le mariage d’enfants est une violation épouvantable des droits de l’homme qui prive les jeunes filles de leur éducation, de leur santé et de leur avenir » estime les Directeur exécutif de l’UNFPA, le Dr Babatunde Osotimehin.

Le premier ministre canadien devra alors au prochain sommet féliciter son homologue tchadien, lui qui a défendu bec et ongle la question du mariage pour tous à Antananarivo.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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1 Commentaire sur "Tchad – Homosexualité : N’Djamena cède sous la pression de la communauté internationale"

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daniel

La code pénal tchadien pénalisait l’accusation d’homosexualité ou l’homosexualité? Je pense bien que la peine afférente à une infraction n’est appliquée que lorsque la culpabilité est reconnue. Vous semblez par contre
dire que l’accusation était pénalisée. Si tel est le cas,qui de l’accusé et de l’accusateur est frappé par la peine?

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