Tchad – Election présidentielle : Idriss Deby Itno écarte l’éventualité d’une crise post-électorale

Idriss Deby Itno écarte l'éventualité d'une crise post-électorale | © AFP/MIGUEL MEDINA
Idriss Deby Itno écarte l’éventualité d’une crise post-électorale | © AFP/MIGUEL MEDINA

Le Tchad n’est plus près de replonger dans la violence, a déclaré le président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis vingt-six et candidat à sa propre succession face à douze adversaires issus de l’opposition lors de la présidentielle tenue dimanche dans un climat cependant tendu, marqué par des grèves et l’emprisonnement d’acteurs de la société civile.

“Nous avons connu notre temps de désordre, il n’y aura plus de désordre et aucun Tchadien n’est prêt à entreprendre une démarche qui puisse nous ramener en arrière. Nous avons fait un grand saut en avant et nous continuerons à faire ce saut en avant”, a affirmé le chef de l’Etat sortant dans une déclaration à la presse après son vote dimanche matin à Djambal Ngato, non loin de son palais.

Moins de cinq ans après le précédent scrutin tenu en décembre 2011, quelque six millions d’électeurs inscrits tchadiens étaient appelés aux urnes à l’occasion de cette journée pour élire leur futur dirigeant pour les cinq années à venir.

A 64 ans, l’ex-chef de guerre qui avait pris la pouvoir par un coup d’Etat militaire renversant le régime d’Hissène Habré (jugé à Dakar au Sénégal) en mars 1990, se représente avec l’ambition d’accélérer la réalisation de son projet d’émergence économique fixée à l’horizon 2020.

Douze candidats de l’opposition s’opposent à lui, après le désistement d’un autre, en la personne de Mahamat Yosko Brahim Ali, du Mouvement démocratique africain (MDA), pour un ralliement de dernière heure au camp présidentiel très critiqué par une partie de la population tchadienne encore sous le choc du viol collectif subi par sa fille de la part de fils de personnalités proches du pouvoir.

Cet épisode survenu quelques semaines avant le scrutin en a rajouté à un contexte déjà agité, à cause des appels à la résistance populaire lancés par des leaders d’organisation de la société civile, suivis de deux grèves simultanées dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

De plus, l’opposition a adressé des mises en garde au pouvoir de N’Djamena contre un éventuel “hold-up électoral”. Mais pour le président Deby Itno, “les élections ne doivent pas être source de crise, source de division ou source de déchirement”.

“Le Tchad, a-t-il exhorté en compagnie de son épouse Hinda, doit sortir de ces élections-là grandi. Le Tchad doit sortir de ces élections avec son unité renforcée, puisque tout au long de ce processus nous avons maintenu un dialogue. Même s’il y a eu quelques dérapages au niveau de la campagne, cela il faut le comprendre, personnellement je le comprends.”

“Je suis très heureux de constater que l’organisation de ces élections a été parfaite et je salue vraiment le travail que la CENI [Commission électorale nationale indépendante, en place depuis août 2013] a fait”, a-t-il en outre souligné.

Ce processus, a-t-il encore mentionné, “a commencé dans le cadre du dialogue politique avec l’ensemble des partis politiques et avec la mise en place d’une CENI paritaire, depuis le début. C’est un processus long certes, face aussi à une situation financière assez difficile. Le Tchad a tenu absolument à organiser des élections cette fois-ci, en accord avec nous-mêmes, en accord avec l’ensemble des partis politiques”.

A part le Nigeria, le Cameroun et le Soudan, aucun autre soutien extérieur n’a été reçu de la communauté internationale, a-t-il déploré.

“Vous savez que ça coûte extrêmement cher, curieusement tous nos partenaires nous ont abandonnés. Personne n’est venu, comme ça se fait ailleurs ou bien comme ça se faisait dans le temps au Tchad. Les partenaires nous ont abandonnés, mais tant mieux”, s’est-il toutefois consolé.

Débuté à 6H locales (5H GMT), le vote se poursuit jusqu’à 17H30 (16H30 GMT), heure de clôture officielle. Les résultats ne seront pas connus avant environ deux semaines, ont fait savoir des sources proches du pouvoir…

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Par Raphaël MVOGO, envoyé spécial à N’Djamena

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