Tchad – Détentions arbitraires : Un réseau d’associations basé au Cameroun interpelle le président Idriss Deby Itno

Maximilienne Ngo Mbe, la directrice executive du REDHAC | Crédit photo : © Hurinews
Maximilienne Ngo Mbe, la directrice executive du REDHAC | Crédit photo : © Hurinews

Le Réseau des droits humains en Afrique centrale (Redhac)  basé à Douala vient de frapper du poing sur la table. Par sa directrice Exécutive, Maximilienne Ngo Mbe, ledit réseau a adressé une correspondance au président Tchadien, Idriss Deby Itno. Une note dans laquelle, elle dénonce des arrestations et détention arbitraires ayant cours au Tchad et en violation des dispositions fondamentales du Droit international. Le mouvement fait ainsi référence  à : Mahamat Nour Ibedou et Younous Mahadjir, porte-paroles de la plate-forme des organisations de la société civile « Ça suffit » qui ont été respectivement arrêtés les 21 et 22 mars 2016. NadjoKaina Palmer, coordinateur du mouvement de la jeunesse « Iyina » (qui veut dire : Nous sommes fatigués, en arabe local) arrêté le 22 mars ; Céline Naarmadji, porte-parole du mouvement de la société civile « Trop c’est trop » interpellé le 23 mars et Point Focal du Redhac au Tchad. Tous les quatre ont été arrêtés après s’être rendu au siège de la police judiciaire à N’Djamena pour répondre à une convocation du Procureur de la république du tribunal de grande instance de N’Djamena, a appris CAMERPOST.

D’après les signataires de la note adressée au président du Tchad, tout remonte au 6 février dernier à N’Djamena lorsque des membres du Collectif des associations et mouvements de la jeunesse du Tchad (CAMOJET) avec  des défenseurs des droits humains et des membres d’organisations de la société civile ont organisé une manifestation pacifique pour réclamer des emplois dans la fonction publique. « Les manifestants ont été dispersés par la force par la police, et 17 d’entre eux ont été arrêtés et maintenus en détention pendant deux jours avant d’être remis en liberté. Ceux qui ont été détenus ont déclaré avoir été maltraités par la police, laquelle aurait notamment lancé des gaz lacrymogènes dans leur cellule. Deux personnes au moins ont en conséquence dû recevoir des soins médicaux d’urgence », écrivent les compatriotes.

Et d’ajouter : « à ce jour, aucune enquête n’a été menée sur ces allégations de détention arbitraire et de mauvais traitements infligés aux manifestants pacifiques et aucun responsable présumé n’a été amené à répondre de ses actes devant la justice ». Voilà pourquoi le réseau composé de plusieurs associations a saisi le Tchad pour faire part de leurs profondes inquiétudes relativement à la situation des droits  humains qui a cours en ce moment en République du Tchad. « Au regard des différents cas mentionnés dans ce courrier, nous vous encourageons à considérer diverses recommandations portant, entre autres, sur des atteintes à la liberté d’expression, de manifestation et de réunion pacifique, ainsi que des arrestations et détention arbitraires », déclarent des associations camerounaises (comme Un Monde Avenir, Affirmative Action, Association des jeunes solidaires de Garoua…), celles de la République démocratique du Congo, du Gabon, de l’Ouganda, etc.

© CAMERPOST Linda Mbiapa