Tchad: « Boko Haram est responsable» du double attentat-suicide selon François Hollande – 16/06/2015

Lundi 15 juin 2015, N'Djamena (Tchad) | SPRINGER / © REUTERS
Lundi 15 juin 2015, N’Djamena (Tchad) | SPRINGER / © REUTERS

N’Djamena a été frappée lundi pour la première fois par un double attentat-suicide qui a fait 23 morts et une centaine de blessés. Cette attaque n’avait pas été revendiquée dans l’après-midi, mais selon François Hollande, la responsabilité du mouvement islamiste radical ne fait «pas de doute».

Fer de lance dans la guerre contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram, le Tchad redoutait depuis des mois des attentats de ce genre sur son sol. C’est chose faite. La capitale N’Djamena a été pour la première fois la cible de deux attaques meurtrières ce lundi qui ont visé le commissariat central et l’école de police. Ce double attentat-suicide a fait 23 morts et 101 blessées. Dans l’après-midi, il n’avait pas été revendiqué. Mais le gouvernement tchadien accuse Boko Haram d’être derrière ces attaques. «Ces terroristes sans foi ni loi seront débusqués et mis hors d’état de nuire où qu’ils soient», selon un communiqué du gouvernement lu à la radio nationale. Quatre «terroristes» auraient également été tués selon les autorités tchadiennes.

De son côté, la France, l’ancienne puissance coloniale, a rapidement condamné ces attaques meurtrières et assuré le Tchad de son «soutien dans la lutte contre le terrorisme». Depuis Alger, François Hollande a dénoncé un «attentat barbare» et affirmé: «Il n’y a pas de doute que Boko Haram est responsable et devra rendre compte de cette nouvelle horreur humaine.» Le président français a assuré au Tchad la «solidarité» de la France. Ce pays africain est en effet un allié de poids pour Paris dans la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sahélienne. L’armée française a d’ailleurs établi à N’Djamena l’état-major de son opération Barkhane de lutte contre ces groupes.

Le Tchad en première ligne dans la lutte contre Boko Haram

Plus tôt dans la journées, un responsable de la police de N’Djamena avait indiqué que deux kamikazes avaient attaqué simultanément le commissariat et l’école de police, où se trouvaient de nombreux stagiaires en formation. Selon une autre source policière, le «modus operandi» des assaillants portait la marque des islamistes de Boko Haram. Après les attaques, de nombreuses forces se sont déployées dans la ville, où les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées depuis plusieurs mois face à la menace d’attaques de Boko Haram.

Depuis le début de l’année, l’armée tchadienne participe en première ligne à une opération militaire régionale visant à chasser le groupe de pans entiers de territoire qu’il avait capturés dans le nord-est du Nigeria. Comme le Cameroun voisin, lui aussi engagé dans la guerre contre le groupe islamiste, le Tchad redoutait des mois des attentats de ce genre sur son sol. Il a toutefois déjà subi des raids de combattants de Boko Haram sur les rives du lac Tchad. Environ 5.000 soldats tchadiens sont engagés dans la lutte contre Boko Haram. En avril, N’Djamena avait déploré la mort de 71 soldats.

Par © AFP