Tchad – Adoption du nouveau code pénal : Les terroristes sont traités comme tel

Une femme marche au milieu des maisons brûlées par des terroristes de Boko Haram | Archives/AFP

En adoptant hier son nouveau code pénal la peine de morts reste maintenue pour les acteurs de terrorisme. Les organisations de droits de l’homme continuent de grincer les dents.

En juillet 2015, les députés tchadiens ont adopté au prix de débats houleux, une loi de répression contre les actes terroristes au pays de Tumai. Cette loi stipule que « Est punit de la peine mort toute personne qui commet un acte terroriste, le finance ou qui procède au recrutement et/ou à la formation des personnes en vue de leur participation aux actes de terrorisme, quelque soit le lieu de commission ».

Lors de la 31ème Conférence Internationale des Barreaux de tradition juridique commune-CIB tenue dans la capitale camerounaise du 07 au 09 décembre dernier, les avocats francophones du monde ont dénoncé le non respect des droits de l’homme, même pour les terroristes.

Mais, au Tchad malgré la signature de certains accords internationaux, les terroristes sont traités comme tel. Car en effet, avant que le terroriste ne se mette à tuer pour des convictions qu’il se fait. Il est un homme. Lors de conférence de Yaoundé, les hommes en tenues noires, ont précisé que tout homme a droit à une justice équitable quelque soit la gravité des actes qu’il pose concernant les personnes accusées par des faits de terrorisme.

Pas largesse pour les terroristes

Pour le bâtonnier de l’ordre des avocats du Tchad, Me Athanase Baigagnan, dans la lutte contre le terrorisme, c’est d’abord les armes et le droit ensuite le droit dans les juridictions locales. La lutte anti terroriste, c’est le terrain, le droit c’est dans les tribunaux. En août dernier, les forces de défense et de sécurité avaient appréhendé, jugé, condamné et exécuté une dizaine de terroristes dans les régions du Nigéria et d Lac Tchad. La communauté des organismes de défense des droits de l’homme dont en tête de prou, l’organisation non gouvernementale, Amnesty International qui avait crié son halo contre cette exécution en série de 10 terroristes. Son directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Alioune Tine a dénoncé l’usage de la force au détriment du droit «C’est une véritable régression que de revenir à l’application de la peine de mort» a-t-il expliqué.

Le pouvoir tchadien avait de son côté justifié que jamais la loi sur la peine de la mort n’avait jamais été abolie. En plus, l’option d’utiliser la peine de mort à l’encontre des 10 terroriste se justifie par les attaques récurrentes dans le pays. Le gouvernement avait affirmé qu’il assume totalement, au moins pour ce qui concerne les actes terroristes.

A l’origine

Le gouvernement avait déclaré sa désolation dans de pareils cas, que le pays fera ce geste malgré des instruments internationaux signés. Mais, c’est une nécessité. L’adoption de cette loi venait dans un contexte où les attentats ont été perpétrés le 11 juillet 2015 par un kamikaze déguisé en femme portant une burqa au marché central de N’Djamena faisant 16 morts et 80 blessés. Quelques jours plus tôt (15 juin), une autre attaque à l’Ecole nationale de police et commissariat central de la même ville. Bilan, 38 morts. Des attentats revendiqués par la secte islamiste nigériane Boko Haram.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM