Tanzanie : Une quinzaine d’arrestations pour retrouver une fillette albinos de quatre ans – 07/01/2015

Une fillette albinos dans une école en Tanzanie. © Alida Vanni / Illustration
Une fillette albinos dans une école en Tanzanie. © Alida Vanni / Illustration

Les autorités tanzaniennes ont arrêté 15 personnes dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement il y a une dizaine de jours, dans le nord du pays, d’une fillette albinos de quatre ans dont elles sont toujours sans nouvelles, apprend-on mercredi.

L’administration et la police ont par ailleurs donné aux habitants du village de la petite albinos un délai de 5 jours à compter de lundi pour la retrouver.

Pendo Emmanuelle Nundi a été enlevée le soir du 27 décembre au domicile de son père dans le district de Kwimba (région de Mwanza) par des inconnus armés de machettes qui avaient auparavant neutralisé son père.

La police avait annoncé dans un premier temps avoir arrêté quatre suspects, parmi lesquels le père de Pendo.

« Ce sont en tout 15 personnes qui ont été arrêtées à ce jour, dont le père, un oncle paternel et un oncle maternel de Pendo », a indiqué à APA Vicky Ntetema coordinatrice pour la Tanzanie des activités de l’ONG Under The Same Sun qui lutte pour la défense des droits des albinos.

« Oui, une quinzaine de suspects, dont trois membres de la famille (de Pendo), ont été arrêtés. On est toujours sans nouvelles d’elle et le chef de la police et le commissaire régional de Mwanza ont donné aux voisins un délai de cinq jours pour retrouver la fillette », a confirmé un policier de l’endroit, qui a requis l’anonymat.

Selon les médias locaux, le commissaire régional (sorte de gouverneur) de Mwanza, Magesa Mulongo et le commandant régional de police Valentino Mlowola se rendus lundi au village de Kwimba où vivait l’albinos disparue.

« Le monde entier considère aujourd’hui les gens du village de Kwimba et de la région de Mwanza en général comme des êtres sans cœur », a déclaré Mulongo à ces villageois, selon le quotidien gouvernemental Habari Leo publié en swahili.

« Lorsqu’un albinos est visé, il y a presque toujours des voisins, des membres de famille qui sont impliqués. C’est ce qui complique les enquêtes et fait traîner les procédures judiciaires », a expliqué Vicky Ntetema.

« Bien peu de personnes auront le courage de dire à la police qu’un frère ou un oncle a joué un rôle dans l’enlèvement ou le meurtre d’un albinos. Les gens ont peur des représailles qui pourraient suivre. On peut être banni de la famille ou même éliminé », a-t-elle poursuivi.

Par ailleurs, ces attaques sont généralement perpétrées pendant la nuit, dans l’obscurité, par des personnes souvent déguisées, d’où la difficulté à bien identifier les coupables, toujours selon Ntetema.

« Et puis, nous avons une certaine culture du secret. Tout cela n’est pas de nature à faciliter la tâche à la police ou à la justice », a-t-elle ajouté.

En août dernier, quatre albinos au moins avaient été victimes d’agressions en moins de deux semaines en Tanzanie.

Depuis 2000, plus de 70 albinos ont été tués dans ce pays d’Afrique de l’Est, selon les Nations unies. Les albinos sont dans la région victimes de superstitions qui attribuent des vertus magiques aux organes de leur corps, prisés des sorciers et guérisseurs.

© CamerPost avec © APA

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