Tanzanie : Une députée de l’opposition inculpée de « rassemblement illégal » – 08/10/2014

La présidente de l’Union des femmes membres du principal parti de l’opposition tanzanienne, Halima Mdee, a été inculpée mardi devant un tribunal de Dar-es-Salaam pour “rassemblement illégal”, selon des témoins joints au téléphone par APA.

Halima Mdee, députée tanzanienne de l'opposition. Photo d'archives
Halima Mdee, députée tanzanienne de l’opposition. Photo d’archives

“Le parquet a lu en audience publique les faits portés contre elle. Il l’a accusée de rassemblement illégal et elle a plaidé non coupable”, a indiqué à APA un activiste des droits de l’homme qui était présent à l’audience.

‘’Après l’audience, a ajouté la même source, elle a été conduite à la prison parce que le processus de vérification de l’identité des personnes qui s’étaient portées garantes pour appuyer sa demande de remise en liberté sous caution n’était pas encore terminé”.

La vérification se poursuivra mercredi et elle ne peut être libérée caution qu’à l’issue de ce processus.
Députée de Kawe, à Dar-es-Salaam (la capitale économique), Halima Mdee, jeune universitaire, fait partie des ténors du Chadema (acronyme swahili pour Parti pour la démocratie et le développement).

Elle avait été arrêtée et interrogée pendant plusieurs heures samedi dernier alors qu’elle conduisait une manifestation de femmes de son parti à Dar-es-Salaam. Elle avait été relâchée en fin de journée.

Les femmes membres du Chadema voulaient se rendre au Palais du président Jakaya Kikwete pour lui demander de ne pas signer le projet de nouvelle constitution voté la semaine dernière par une Assemblée constituante dont s’étaient retirés les représentants des partis de l’opposition.

Ces formations politiques accusent le président Kikwete et son parti, Chama Cha Mapinduzi (Parti de la Révolution, en swahili) de vouloir doter le pays d’un texte constitutionnel destiné à les maintenir éternellement au pouvoir.

Ce que le parti au pouvoir et M. Kikwete contestent.
Dans un communiqué en swahili daté de vendredi, la police avait déclaré que la marche des femmes membres du Chadema risquait de perturber l’ordre et la tranquillité publics à Dar es Salaam, et l’avait ainsi interdite.

Lors de sa campagne électorale, en 2005, pour son premier mandat à la tête de la République unie de Tanzanie, Kikwete avait promis aux Tanzaniens une nouvelle loi fondamentale.

En mai 2012, alors qu’il était déjà dans son deuxième et dernier quinquennat, le président tanzanien avait mis en place une Commission constitutionnelle présidée par l’ancien Premier ministre, Joseph Warioba.

Le 18 mars dernier, ce dernier a présenté devant l’Assemblée constituante l’avant- projet de nouvelle constitution, une compilation des avis recueillis lors des larges consultations menées auprès de toutes les couches de la population sur la partie continentale du pays et dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar.

Lors de ces consultations, les discussions avaient surtout porté sur le statut de l’archipel au sein de l’union. Selon le projet Warioba, la plupart des personnes interrogées s’étaient prononcées en faveur du retour de l’ancien Etat du Tanganyika, avec le même statut que Zanzibar.

Ce qui ferait deux Etats coiffés par le gouvernement fédéral de la République unie de Tanzanie, contrairement à la situation actuelle où n’existent légalement que la République unie de Tanzanie et la République de Zanzibar.

Mais, en procédant à l’ouverture officielle des travaux de l’Assemblée constituante quelques jours plus tard, le président Kikwete avait émis un avis différent, expliquant que trois Etats (Tanganyika, Zanzibar, Union) seraient trop coûteux pour le contribuable.

L’opposition a depuis lors claqué la porte des travaux, accusant le chef de l’Etat de se substituer à la Commission Warioba qu’il avait pourtant lui-même mise en place.

Les délégués de la mouvance présidentielle ont poursuivi le débat à l’Assemblée constituante alors que l’opposition pressait le chef de l’Etat de suspendre le processus. Un projet de nouvelle constitution a été ainsi voté la semaine dernière conformément à l’avis du chef de l’Etat.

Le texte, qui doit être soumis l’année prochaine à un vote référendaire, sera officiellement présenté mercredi au président Kikwete lors d’une cérémonie au siège du Parlement à Dodoma, dans le centre du pays.

© Camer Post avec © APA

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