Tanzanie – Psychose : Vent de Panique après l’attaque de Garissa au Kenya – 14/04/2015

Une étudiante blessée dans l'attaque menée par les islamistes somaliens shebab contre l'Université de Garissa, dans l'est du Kenya, le 2 avril 2015 | AFP Carl de Suza
Une étudiante blessée dans l’attaque menée par les islamistes somaliens shebab contre l’Université de Garissa, dans l’est du Kenya, le 2 avril 2015 | AFP Carl de Suza

Un vent de panique s’est emparé des principales villes tanzaniennes, obligeant la police à renforcer la sécurité, après le massacre perpétré le 2 avril par un commando islamiste à l’ Université de Garissa dans l’est du Kenya, voisin.

Des messages faisant état d’arrestation de terroristes sur le territoire tanzanien ou d’attaques imminentes dans les villes de Dar es-Salaam, Mwanza et Arusha ont semé la peur, notamment chez des étudiants d’établissements supérieurs dont certains ont préféré ne pas aller à l’école.

Dans ces principaux centres urbains, la police a renforcé son dispositif de sécurité notamment autour des institutions d’enseignements supérieur.

Parmi les suspects arrêtés par la police kényane dans le cadre de son enquête sur l’attentat terroriste du 2 avril à l’Université de Garissa, figure un jeune tanzanien qui étudiait encore à l’école secondaire.

A Arusha, la petite ville touristique du nord du pays, passage vers le célèbre Mont Kilimandjaro et le vaste parc de savane du Serengeti, une panique dans une école supérieure de comptabilité a contraint des forces de police à passer la nuit de jeudi à vendredi aux abords de l’établissement.

Certains étudiants avaient d’ailleurs passés la nuit à l’extérieur du campus, en famille ou chez des connaissances.

Dans la journée de jeudi, des rumeurs avaient circulé sur les réseaux sociaux selon lesquelles les forces de l’ordre avaient arrêté quatre personnes armés de fusils et circulant à bord d’une Toyota, qui tentaient d’entrer dans cet institut.

‘’Ces personnes se faisaient passer pour des membres de la famille d’une étudiante logeant au campus. Intrigués, les gardiens de l’établissement ont alerté la police”, disait la rumeur avant de lancer ce conseil : ‘’Soyez vigilants !”.

Ces rumeurs ont été démenties par le commandement régional de la police et par les autorités administratives.

Vendredi, le gouverneur d’Arusha, Felix Ntibenda, a dû convoquer d’urgence le conseil de sécurité provincial pour calmer les esprits, mais tout en appelant lui aussi à redoubler de vigilance.

S’adressant à la presse après la réunion, il a qualifié la rumeur d’infondée, l’attribuant à des individus mal intentionnés.

Il a toutefois appelé les hôteliers à faire attention au moment de l’enregistrement des visiteurs, notamment en veillant à la vérification de leurs documents de voyage.

‘’La sécurité a été renforcée autour des lieux de culte, comme les églises, les mosquées, ainsi dans d’autres lieux de rassemblement, nous sommes prêts à faire face à toute éventualité. A Arusha, la sécurité est garantie, nous souhaitons la bienvenue à nos visiteurs44, a assuré le responsable administratif.

Il a ajouté que les contrôles de sécurité avaient également été renforcés à la frontière (avec le Kenya).

A Dar es Salaam, le quartier général de la police a, dans une déclaration, lancé une mise en garde contre les auteurs de fausses alarmes sur les réseaux sociaux et sur le téléphone portable.

« Le commandement de la police demande que cette habitude cesse immédiatement », a déclaré la porte-parole de l’institution Advera Bulimba, exhortant plutôt les habitants à informer les forces de l’ordre dès qu’ils suspectent des gens de vouloir des atteintes à la sécurité.

Elle a prévenu que des mesures sévères seraient prises contre tout auteur de rumeur visant à semer la panique.

Pour sa part, le chef de la police pour la région de Dar es Salaam, Suleiman Kova, a annoncé que le dispositif de sécurité avait renforcé aux abords des principaux lieux de rassemblement, tels que les lieux de culte, comme à Arusha.

Il a par ailleurs appelé les grands hommes d’affaires, les supermarchés, les banques, grands magasins et hôtels à installer des dispositifs de surveillance caméra.

Comme à Arusha, dans certaines écoles supérieures de Dar es Salaam , de nombreux étudiants avaient préféré passer la nuit en dehors des campus.

Pour sa part, la direction nationale de la Société tanzanienne de distribution d’électricité (TANESCO) a ordonné à tous ses bureaux dans le pays de soumettre au contrôle de sécurité toute personne y entrant, y compris les employés.

Le 7 août 1998, une attaque terroriste revendiquée par Al-Qaida avait fait 11 morts et 85 blessés à l’ambassade des Etats-Unis à Dar es Salaam.

© CamerPost avec © APA

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