Syrie : L’armée reprend le contrôle de Palmyre

Des militaires de l'armée syrienne patrouillent à Palmyre, le 24 mars 2016, en marge d'une vaste offensive pour reprendre la cité antique des mains de l'organisation Etat islamique. | STR / AFP
Des militaires de l’armée syrienne patrouillent à Palmyre, le 24 mars 2016, en marge d’une vaste offensive pour reprendre la cité antique des mains de l’organisation Etat islamique. | STR / AFP

Lancée il y a près de vingt jours par l’armée syrienne, l’offensive des troupes pro-gouvernementales a été facilitée par le soutien de l’aviation russe, guidée au sol par des forces spéciales venues de Moscou.

La conquête de la ville par l’EI, en mai 2015, avait causé un immense désarroi dans l’opinion publique internationale, qui avait assisté, à la destruction de plusieurs vestiges gréco-romains ainsi qu’à la décapitation de l’ancien directeur du site, avant de suspendre son corps à une colonne de la cité romaine.

Une fois aux commandes de Palmyre, les soldats du califat proclamé par Abou Bakr Al-Baghdadi ont fait sauter le bagne de la ville, où des milliers de Syriens ont été torturés et tués dans les années 1980. Puis, ils se sont mis à démolir plusieurs des trésors antiques de la ville, comme les temples de Baal et de Baalshamin et l’Arc de triomphe, poussant l’audace jusqu’à filmer l’exécution, notamment par des mineurs, d’une vingtaine de soldats gouvernementaux dans le théâtre antique.

La trêve en vigueur depuis la fin février avec les rebelles a aussi permis à Damas et ses alliés d’affecter à cette opération un nombre très élevé de forces, puisées dans différents corps : l’armée régulière, le Hezbollah libanais, les Gardiens de la révolution iraniens et diverses milices, comme les Faucons du désert, l’une des formations paramilitaires syriennes les plus efficaces. Selon les informations recueillies par CAMERPOST, personne ne s’aventurerait pour l’instant à l’intérieur des ruines, car de nombreuses mines y auraient été posées par les terroristes de Daesh.

Palmyre, la cité antique libérée : tout un symbole

La reprise de la cité archéologique à Daech ce dimanche a rasséréné les spécialistes de la perle antique. Néanmoins, ils redoutent aujourd’hui des actes de vol et de déprédation dans la nécropole millénaire.

 La directrice générale de l’Unesco a salué cette offensive armée, en précisant « que les combattants qui tenaient les lieux avaient fui en direction de Raqqa et de Deir Ezzor ». Elle a également discuté avec Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie, à propos de la protection et de la préservation du site classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

La cité archéologique, qui porte désormais des stigmates irréversibles de la guerre en Syrie, risque en effet de voir disparaître ses trésors et ses secrets.

© CAMERPOST par Eliane Ndounkeu

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