Subvention du carburant au Cameroun : le FMI insiste, le gouvernement résiste

Les débats sont passionnés lorsqu’on évoque le sujet, aussi bien dans les chaumières que sur les plateaux de télés et de radios. La question de la subvention du carburant restes épineuse. Entre pression des bailleurs de Fonds et hostilité des populations à une éventuelle hausse des prix à la pompe, le gouvernement hésite et cherche la bonne formule.

Février 2008, la rue gronde. Une grève des transporteurs suite à la décision du gouvernement d’augmenter les prix du carburant à la pompe menace de faire tomber le régime. A Yaoundé comme à Douala la situation est tendue. Des jeunes descendent dans les rues et entrainent dans leur sillage des casseur qui pillent et saccagent des commerces.  L’armée entre en scène, investie les rues, sans ménagement, parfois avec brutalité elle s’impose et ramène l’ordre. Le président Biya prononce un discours dont le ton ferme surprend plus d’un. Dan la foulé, il annonce une série de mesures. L’une d’elle est le gèle du prix du carburant.

Depuis 2008, le Cameroun subventionne les prix du super, du gasoil et du pétrole lapant à la pompe. En 2013, cette subvention représente environ 4% du Produit Intérieur Brut. Sur la période  2009-2012 le coût total de la subvention énergétique est estimé par le FMI à  944 milliards de Fcfa, soit 7,3% du PIB. En réalité si l’Etat décide d’arrêter la subvention, le super par exemple couterait 820 Fcfa le litre, contre 569 Fcfa actuellement à la pompe. En trois ans, le soutien de l’Etat pour le super est passé de 47Fcfa à 260Fcfa par litre.

Le mardi 14 mai 2013, une délégation du Fond Monétaire International à tenu une séance de travail avec le Ministre Camerounais de Finances Alamine Ousmane Mey. La question à fait l’objet d’échanges. C’est un secret de polichinelle, le FMI  voit d’un mauvais œil cette subvention. Au sortir des travaux le chef de la mission Mario De Zamaroczy, soulignait : « La question nous paraît importante eu égard au fait que le pays a un budget où les ressources sont limitées et où en même temps il y a de très gros besoins de développement, d’investissements et de développement des infrastructure». En clair, pour l’institution de Bretton Woods, les ressources injectées dans la subvention du carburant pourraient servir à booster les investissements notamment les projets structurants et ceux avec un fort impact social. Une position que les experts du FMI et de la banque mondiale soutiennent en précisant : « Depuis 2008, le Cameroun a décidé de maintenir les prix à un  niveau abordable, de manière à éviter les inflations dans le transport et autres coûts induits. Les dépenses de l’Etat pour y parvenir Au bout de 5 ans, sont estimé à plus de 1 000 milliards Fcfa ». Pour le FMI, il faudrait utiliser cet argent dans le secteur social à travers des projets susceptibles de lutter efficacement contre la pauvreté dans le pays.

L’année dernière, l’option d’une levée de ces subvention a été envisagée par le gouvernent, mais la réaction de la quasi-totalité des acteurs sociaux à été si vive qu’il a fallu se raviser. De nombreux observateurs voient dans cette hésitation un choix politique plutôt qu’économique. Les autorités camerounaises craignent un soulèvement populaire en cas d’augmentation brusque des prix du carburant à la pompe.

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