Socam: Ndedi Eyango résiste à Ama Tutu Muna

Le président du Conseil d’administration de la Société camerounaise de l’art musical(Socam) entend poursuivre son mandat malgré les pressions de la ministre des Arts et de la Culture.

Ndedi Eyango
Ndedi Eyango

Le 23 décembre dernier, la ministre des Arts et de la Culture(Minac) a publié un communiqué portant invalidation de l’élection du Conseil d’administration de la Société camerounaise de l’art musical. Ama Tutu Muna soutient que les articles 4 et 9 du code électoral des statuts de la Socam ont été violés. La Minac a immédiatement annoncé la mise en place d’un comité ad hoc pour protéger et sauvegarder les intérêts des créateurs de l’art musical.

Cette décision qui met fin aux fonctions de prince Eyango comme Pca de la Socam ne surprend pas grand monde. En effet, elle intervient au lendemain de la mise en demeure que la ministre a adressée à l’artiste le 13 décembre dernier. Dans sa correspondance, Ama Tutu Mun a relevait les irrégularités lors de l’Assemblée générale élective à la Socam, notamment, la double nationalité de Ndedi Eyango. Ama Tutu Muna avait alors demandé à l’intéressé de se conformer dans un délai de 10 jours s’il prétend encore diriger la Socam. Dans le même temps, Jean Calvin Aba ‘a Oyono, le président de la Commission permanente de médiation et de contrôle des organismes de gestion collective dont le travail a été remis en cause, a été suspendu de ses fonctions pour une période de trois mois.

Mais malgré la suspension de ses fonctions de Pca de la Socam, Ndedi Eyango entend poursuivre son mandat. « Je voudrais traduire ici, toute ma détermination à accomplir les missions qui relèvent de mes prérogatives de président de la Socam, élu solennellement le 02 novembre 2013, à l’effet de mettre en marche tous les engagements pris, et surtout cette confiance légitime portée sur ma personne, et qui visent, au bout, la valorisation de l’artiste camerounais », indique-t-il dans une correspondance adressée à la ministre des Arts et de la Culture, en guise de réponse. Ndedi Eyango rappelle également à Ama Tutu Muna qu’il a produit toutes les pièces exigées pour que sa candidature soit retenue et que la ministre n’a qu’à s’en prendre au comité électoral qui a examiné et validé cette candidature avec la suite que l’on sait.

Le 24 décembre 2013, de nombreux artistes musiciens ont investi le siège de la Socam, pancartes en main pour une marche de soutien en faveur de Ndedi Eyango. Ils sont de plus en plus nombreux à condamner l’attitude de la ministre des Arts et de la Culture qui, selon eux, sème la zizanie dans la gestion des droits d’auteur au Cameroun. « Quand la ministre décide d’invalider une élection qu’elle-même a organisée, supervisée et validée, il y a contradiction », souligne l’artiste Ottou Marcellin. « Ndedi Eyango est camerounais. Avoir une autre nationalité c’est une chose, ne pas être Camerounais c’est autre chose. Le style musical de Ndedi Eyango est bien camerounais, il ne l’a jamais converti en un style américain », conclut l’artiste ISNEBO.

La confusion règne donc à la Socam. C’est le moins que l’on puisse dire.

© Camerpost.com: Achille Nayé

 

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