Sénégal : Les écoliers de la rue – 07/09/2014

Dans le petit seau en plastique jaune serré contre lui, l’enfant porte quelques piécettes, 120 CFA au total (0,18 euro), du riz et du mil. Mais il ne va pas à la plage, malgré la mer toute proche de ce quartier de Guédiawaye, à 10 kilomètres au nord de Dakar.

A Dakar, au Sénégal, en août.  | SYLVAIN CHERKAOUI POUR « LE MONDE »
A Dakar, au Sénégal, en août. | SYLVAIN CHERKAOUI POUR « LE MONDE »

Comme des milliers d’autres enfants, Djibril Ciss, 7 ans, mendie dans les rues. Il est en deuxième année de daara, l’école coranique. Avec son bermuda aux couleurs passées, son gilet beige à capuche rabattue sur la tête pour se protéger du vent, le garçon attend de remettre l’objet de sa collecte à l’un des lieutenants du maître coranique. Djibril Ciss est ce que l’on appelle un talibé.

Face au scandale de la mendicité des enfants, le gouvernement sénégalais dit vouloir mieux contrôler les daaras. Des institutions financières internationales ont même avancé des fonds afin de réformer ce système qui s’est perverti.

Un million d’enfants concernés

Venant principalement des zones rurales du Sénégal et aussi des pays frontaliers, les talibés sont des garçons de 4 à 18 ans, la plupart du temps envoyés par leurs parents pauvres chez des marabouts afin de suivre une éducation coranique. Mais si les enfants reçoivent bien un minimum d’enseignement religieux, assis par terre, serrés dans des pièces où ils dorment aussi, leurs rares affaires rangées dans un sac à dos pendu au plafond, ici, dans ce daara de Guédiawaye, ils n’ont pas de matériel scolaire. Juste des tablettes de bois où sont inscrits des versets du Coran. A peu près la seule disciplin…

Source : Le Monde.fr

Par Rémi Barroux

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz