Sénégal : «La découverte de pétrole est une bonne nouvelle», selon la Banque mondiale – 25/10/2014

Bertrand Badré, directeur financier du Groupe de la Banque mondiale. © Les Echos
Bertrand Badré, directeur financier du Groupe de la Banque mondiale. © Les Echos

Le directeur financier du Groupe de la Banque mondiale, Bertrand Badré, s’est réjoui samedi à Marrakech de la récente découverte de pétrole au Sénégal qu’il a qualifié de “bonne nouvelle” appelant les autorités du pays à mettre cette ressource au service de son développement.

«Au Sénégal, nous conseillons ce qu’on conseille à tout le monde. Mais je tiens à dire qu’il faut d’abord se réjouir de cette découverte. Il ne faut pas se cacher. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le pays», a notamment dit M. Badré.

Le responsable des stratégies relatives aux questions financières et à la gestion des risques pour l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale s’exprimait dans un entretien avec APA. Il participe au 3ème forum des Dialogues de l’Atlantique qui se tient du 24 au 26 octobre à Marrakech.

Selon les premières estimations de l’entreprise pétrolière britannique Cairn Energy qui a découvert ce gisement à une centaine de kilomètres au large des côtes sénégalaises, les réserves de ce puits tourneraient autour de 250 millions de barils de pétrole.

M. Badré a souligné qu’il faut alerter le Sénégal sur les risques liés à une mauvaise utilisation d’une telle ressource. « Comme toute richesse, on a le sentiment de l’argent facile. Mais découvrir du pétrole, ce n’est pas comme gagner au loto. C’est quelque chose qui doit se gérer, qui doit s’apprendre. L’idée est de mettre cette ressource au service du développement du pays», a dit Bertrand Badré.

Pour la gestion de ce pétrole, il y des risques de type macro-économique. «C’est-à-dire, a-t-il poursuivi, si vous avez trop de ressources qui arrivent dans un pays qui n’est pas prêt à les absorber, vous avez des phénomènes d’inflation, des phénomènes de substitution.

Du coup, on risque de déséquilibrer l’économie du pays, on risque de concentrer les investissements sur cette même ressource, et ne pas diversifier l’économie. Or, il est rare que l’exploitation du pétrole crée beaucoup d’emplois. Les emplois on va les créer dans l’agriculture, dans les services, dans une économie diversifiée. Et le hic, est qu’on passe à côté de cela et qu’on s’illusionne sur une ressource naturelle».

Présente au forum de Marrakech, l’ex-Premier ministre sénégalais, Aminata Touré, a également estimé que le pétrole est «une bonne nouvelle» pour son pays.

«C’est une bonne nouvelle car, il nous faut des ressources supplémentaires. Mais on aura l’effectivité en termes de ressources dans quelques années. Entre temps, il faut continuer à travailler», a soutenu Mme Touré.

© Camer Post avec © APA

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