Santé: Le tabac bientôt interdit au Cameroun

Le Ministère de la Santé Publique mène une croisade contre le tabagisme et les drogues. Une campagne a été lancée à cet effet dans la ville de Yaoundé. L’opération devrait aboutir à l’adoption d’une loi antitabac.

« La toxicomanie est l’unique activité qui nuise à la santé, mais qui continue à se développer ». C’est par ces mots que le ministre de la Santé Publique a mis un terme au point de presse donné le 4 Juillet dans la ville de Yaoundé. André Mama Fouda lance ainsi la Campagne Nationale de Lutte contre le Tabac et les Drogues.  

La première phase de la campagne s’étale sur deux mois. Baptisée « vacances sans tabac et sans drogues » elle cible en premier les jeunes. Le Cameroun compte près de 4 millions de fumeurs actifs, soit 17,5 % de sa population. 15 % des jeunes de moins de 15 ans s’adonnent au tabac, avec une prévalence élevée en milieu scolaire. En effet 45 % des jeunes scolarisés ont déjà fumé un bâton de cigarette, dont 5% depuis l’âge de 7 ans. A ces données l’on ajoute la consommation des autres drogues. Plus de 5 millions de camerounais, dont 60 % des jeunes âgés de 20 à 25 ans ont expérimenté une drogue dure.

L’opération lancée par le Ministère de la Santé publique est aussi l’occasion de mobiliser toutes les énergies dans la lutte contre la toxicomanie. Un appel a donc été lancé aux communautés religieuses, aux médias, et aux entreprises privées. Des actions concrètes seront menées à cet effet lors de la Journée mondiale sans tabac, et à l’occasion de la Journée internationale de Lutte contre l’abus et le trafic illicite des Drogues.
    
Devant une assistance médusée, le ministre André Mama Fouda s’est attelé à dépeindre les méfaits de la toxicomanie. Erigé en fléau national « le tabac fait deux fois plus de ravages que le VIH, avec 66 000 décès chaque année au Cameroun ». Selon L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la cigarette tue un fumeur sur deux. Le tabac est notamment responsable de 38 % des décès liés à la tuberculose, 32 % des décès causés par les cancers et 20 % des accidents cardio-vasculaires. Le fléau est en outre l’une des causes principales de la mort subite du nourrisson. Le taux d’accroissement de la consommation du tabac est de l’ordre de 4,3 % par an.

D’autre part « le Cameroun est passé du simple statut de pays de transit à celui de pays de production, de destination et de consommation des drogues ». Ceci induit la multiplication des cas de traumatisme et des accidents de la circulation. Le Cameroun était d’ailleurs jusqu’en 2012, l’Etat qui enregistrait  le plus d’accidents de la circulation dans le Golfe de Guinée.

La consommation du tabac et des autres drogues impose un lourd fardeau à la société. Leur prix de vente est à la portée du plus grand nombre, d’où les ravages observés. Un bâton de cigarette par exemple contient 28 éléments hautement toxiques. L’on retrouve entre autre : des gaz mortels, des produits explosifs, des éléments radioactifs, des acides, des matières plastiques et même des dérivés du pétrole. Autant d’éléments qui font du joint de cigarette, un composé dangereux pour la santé de l’homme et son environnement. Le programme vacances sans tabac et sans drogues est en fait un préalable de la Convention Cadre de l’OMS, ratifiée en 2005 par le Cameroun.  Il s’agit d’un processus qui aboutira à l’adoption du projet de loi antitabac.

Olivier Ndema Epo

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