Du sang de dragon aux propriétés antibiotiques

Du sang de dragon aux propriétés antibiotiques

Dépourvu d’ailes, mais doté de griffes puissantes et d’une queue aussi longue que son corps, le Dragon de Komodo est au cœur d’une expérience scientifique. Certains peptides présents dans le sang de cet imposant varan indonésien auraient en effet des actions BB très efficaces.

Les Dragons de Komodo, des varans très résistants

La revue scientifique NPJ Biofilms and Microbiomes vient de relater les résultats d’un test réalisé en laboratoire. Une équipe de scientifiques s’est d’abord approché de la St-Augustine Alligator Farm en Floride, pour une prise de sang bien atypique : le concerné s’appelle Tujah, et il s’agit en fait d’un Dragon de Komodo mâle, d’un poids de 45 kilos.

Quelles sont les raisons d’une telle démarche ? Depuis bien longtemps, les varans indonésiens intriguent les scientifiques pour la simple raison que les secrets de leur capacité à survivre à leur propre toxicité restent encore méconnus. La salive de ces Dragons de Komodo recèle effectivement à peu près 57 espèces de bactéries fatales pour les pauvres victimes touchées par une simple morsure. Comment ces varans subsistent-ils malgré la présence d’autant de bacilles dans leur corps ? Après l’étude de cet extrait de sang pris sur Tujah, la question de la résistance des Dragons de Komodo a trouvé un début de réponse.

Vers une nouvelle ère de produits antibiotiques

En effet, à partir de l’extrait sanguin de Tujah, l’équipe de scientifiques a décelé un peu moins de 50 peptides ayant potentiellement des effets antibiotiques. Parmi la cinquantaine de peptides identifiés, 8 ont fait l’objet d’une synthèse en laboratoire, puis ont été exposés à des bactéries connues pour leur résistance, comme le Pseudomonas aeruginosa et Staphylococcus aureus. Sept d’entre eux ont finalement montré des capacités significatives à lutter contre les souches bactériennes.

L’un de ces peptides a même été utilisé pour produire une substance chimique à laquelle le nom de DRGN-1 a été donné. La substance ainsi obtenue a été testée sur des souris souffrant de blessures cutanées, avec des effets convaincants, car une cicatrisation rapide a été constatée. Les espoirs les plus fous des scientifiques sont ainsi permis quant à la poursuite de leurs recherches en vue de la conception de nouvelles références de produits résistants aux bactéries les plus dangereuses.

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