Rwanda – Présidentielle 2017 : les candidats contrôlés sur les réseaux sociaux

Rwanda – Présidentielle 2017 : les candidats contrôlés sur les réseaux sociaux

Les candidats à la Présidentielle rwandaise du 4 août 2017 devront, durant leur campagne, soumettre à la commission électorale tout message qu’ils souhaitent publier sur les réseaux sociaux, a indiqué à l’AFP le président de la commission électorale nationale. Arrêt sur cette décision fortement contestée avec CAMERPOST.

La commission veut éviter des soulèvements populaires

La mesure, publiée au journal officiel, prendra effet dès le début de la campagne électorale le 14 juillet prochain et concernera tous les “messages, photographies ou autre matériel de campagne” publiés sur les réseaux sociaux. Ces matériaux devront être soumis au moins 48 heures avant leur utilisation aux sept commissaires de la Commission électorale, qui pourront suggérer des corrections. Si “le message n’est pas accepté, il ne pourra pas être publié”, a précisé Kalisa Mbanda, président de la commission électorale nationale.

Il explique que tout cela : “c’est dans le but de limiter les dégâts” et “éviter des expressions, des paroles, des actes qui peuvent amener la population à des actes d’insécurité, au réveil du divisionnisme dans la population rwandaise”. Le président demande aux candidats à la Présidentielle de présenter leurs messages, leurs brouillons afin de vérifier s’ils ne vont pas à l’encontre de la loi.

Selon l’opposition, c’est une atteinte à la liberté d’expression

La mesure est critiquée par l’opposition, qui craint son utilisation pour empêcher toute critique envers le régime du président Paul Kagame. “C’est injuste car nous estimons que les réseaux sociaux doivent être quelque chose de spontané”, a déclaré à l’AFP Frank Habineza, président du parti démocratique vert, seule formation d’opposition autorisée au Rwanda, et un des candidats déclarés à la présidentielle.

L’interlocuteur dit craindre que les messages “très critiques” envers le parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR), puissent être bloqués sous couvert “d’atteinte à la sécurité nationale”. Il a par ailleurs assuré envisager des poursuites contre la commission en question. Par ailleurs, on apprend qu’une réforme controversée de la constitution adoptée en décembre 2015 permet à M. Kagame, homme fort du Rwanda depuis 1994, de se représenter cette année et, potentiellement, de diriger le pays jusqu’en 2034. Ce qui n’est pas du goût de l’opposition.

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