Russie : Vladimir Poutine annonce le retrait des troupes russes du territoire syrien

Le président russe Vladimir Poutine, lorsqu'il était Premier ministre, en 2010 sur une base aérienne près de Moscou. | © AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / POOL / ALEXEY DRUZHININ
Le président russe Vladimir Poutine, lorsqu’il était Premier ministre, en 2010 sur une base aérienne près de Moscou. | © AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / POOL / ALEXEY DRUZHININ

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé hier lundi le retrait de la majeure partie du contingent militaire russe en Syrie ; estimant que les objectifs poursuivis lors de cette intervention avaient été largement atteints. Selon le dernier rapport officiel du ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, les 9 000 sorties aériennes ont permis la liquidation de plus de 2 000 terroristes, dont des ressortissants russes, et 17 chefs de guerre. Les frappes russes ont également permis de ralentir, voire de totalement stopper par endroits l’approvisionnement des groupes terroristes en armes et munitions et de mettre un terme à leur trafic d’hydrocarbures. Ce retrait partiel ne signifie pas la fin de la présence russe en territoire syrien, le vice-ministre de la Défense Nikolaï Pankov rappelant que la Russie allait poursuivre ses frappes contre l’Etat islamique (EI) et contre d’autres groupes terroristes. Les bases navale et aérienne russes en Syrie continueront à opérer normalement, selon les informations parvenues à CAMERPOST.

Redevenu central sur la scène internationale grâce à son engagement sur le terrain, Moscou préfère partir avant qu’il ne soit trop tard et préserver les finances du pays, malmenées par la crise.

Décision stratégique de la Russie ?

A Damas, la présidence syrienne a fait savoir que la décision du président russe a été prise conformément à la poursuite du cessez-le-feu et en tenant compte de la situation sur le terrain, soulignant que la Russie s’est engagée à poursuivre son soutien à la Syrie dans le combat contre le terrorisme. Ce point de vue sonne vrai d’autant plus que la décision du Kremlin intervient le jour même de la reprise des négociations de paix sur la Syrie à Genève, sous l’égide des Nations unies.

Cependant, de l’avis de nombreux commentateurs, le retrait des troupes russes n’a rien à voir avec son souci de faire régner le pays ou de respecter un quelconque cessez-le-feu. Selon le rédacteur en chef de Carnegie.ru, « (…) Quand tu te retires en temps de paix, tu pars en vainqueur (…) la tête haute. Qui plus est, on peut supposer que ce départ est le résultat de négociations qui ont même renforcé la position de la Russie autour de la table »

Retrait seulement partiel des troupes

Le secrétaire général du Kremlin a précisé que le système de défense aérienne installé par la Russie demeurait sur place. La présence militaire sera maintenue pour contrôler l’application du cessez-le-feu, mais aussi pour poursuivre les frappes contre des « objectifs terroristes », car sans le soutien de la Russie, la situation peut rapidement se détériorer pour les forces de Bachar Al-Assad, si jamais la trêve ne tient pas. Les conseillers militaires devraient rester, et la livraison d’armes poursuivie.

© CAMERPOST par Eliane NDOUNKEU

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