Roberto Zuccolini : « Il est inacceptable que les personnes âgées soient stigmatisées en Afrique » – 11/05/2015

Roberto Zuccolini | © CamerPost/FWB
Roberto Zuccolini | © CamerPost/FWB

Venu de Rome, ce religieux revient sur les aspects marquants de sa visite durant la célébration des 10 années d’activités de la communauté Sant’Egidio au Cameroun.

On entend beaucoup parler de la Communauté Sant’Egidio au Cameroun depuis quelques temps. De quoi s’agit-il exactement ?

La communauté Sant’Egidio est née à Rome en 1968. Il y a 47 ans aujourd’hui. C’est une communauté qui se base sur l’évangile et qui a pour objectif de vivre l’évangile et le mettre en pratique, dans l’amitié, avec les pauvres et œuvrer à la construction de la paix.

Qu’est-ce qui justifie votre présence au Cameroun et principalement à Douala en ce jour ?

Je reviens de Yaoundé où j’ai présenté au public le livre « Comprendre le pape François » du professeur Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio. Je l’ai fait en compagnie de l’Archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, et le Professeur Messina, historien et enseignant à l’Université Catholique d’Afrique centrale à Yaoundé. Ce livre parle de la surprise de l’élection du pape François comme chef de l’église catholique dans le monde, et du pape François comme celui là qui veut le changement de l’église, le changement du monde.

Je suis surtout venu au Cameroun visiter nos communautés de Yaoundé et de Douala où je suis maintenant. Ça signifie pour moi, vivre le même esprit avec nos amis ici présents. Nous sommes une communauté présente dans 73 pays dans le monde avec le même esprit. On se rencontre tous, on rend un service aux pauvres et on essaie de construire la paix où nous sommes. Le pape François a visité la communauté en juin 2014 et nous a dit que nous sommes la communauté des « 3 P » c’est-à-dire : la Prière, les Pauvres et la Paix. Nous voulons que cela continue dans tout le monde entier.

Après cette visite des communautés Sant’Egidio du Cameroun, qu’est ce qui vous a marqué ?

Dans le tour que j’ai fait au Cameroun, précisément à Douala et Yaoundé, ce qui m’a touché est le fait que les communautés locales travaillent énormément avec les pauvres ; surtout avec des personnes âgées. Il faut persévérer la construction de l’alliance entre les jeunes et les personnes âgées parce que, de plus en plus, les personnes âgées sont abandonnées ou victimes de préjugées ; même dans les familles. On pensait qu’il n’y avait pas ce problème là en Afrique. Mais, on a découvert et c’est très grave. Il y a des personnes âgées qui sont même considérées de sorciers et de sorcières. C’est inacceptable ! Nous avons visité les personnes âgées et nous nous sommes occupés d’eux dans les quartiers où sont installées nos communautés. Et c’est une très belle chose. Dans les bidonvilles ou quartiers précaires où sont basées nos communautés, beaucoup d’enfants souffrent. Nous les aidons à grandir de façon différente dans nos écoles de la paix en les apprenants à lire et écrire. Ce sont des écoles d’appui à l’école ordinaire. Nous les aidons dans leur croissance. Nous sommes aussi présents dans plusieurs prisons du Cameroun pour soulager ceux qui y sont incarcérés. Les prisonniers ne doivent pas être abandonnés par le reste de la société. Nous voulons leur offrir des perspectives d’un salut pour la vie.

Qu’est ce qui est prévu après le Cameroun ?

Après le Cameroun, je retourne à Rome puisque je fais partie de la communauté Sant’Egidio de Rome. Dans nos différentes communautés, nous travaillons sur beaucoup de choses en occurrence la construction de la paix. Nous avons aidé la Mozambique à faire la paix, il y a plus de 20 ans maintenant. Nous sommes sollicités dans plusieurs pays pour aider à la construction de la paix et lutter aussi contre la pauvreté. Car, « la guerre est la mère de toutes pauvretés » comme le dit Andrea Riccardi, le fondateur de notre communauté. Nous l’avons expérimenté et on s’est rendu compte que c’est vrai parce qu’on a des communautés dans les pays où il y a la guerre en Afrique, en Asie (Pakistan…) et ailleurs. En somme, notre objectif est d’être présents où il y a les frontières de pauvres et de la construction de la paix.

Propos recueillis par : Frank William BATCHOU

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