République centrafricaine : Pas de renforts français en RCA, qui réclame plus de soldats

La France n’a pas prévu d’envoyer des renforts militaires en Centrafrique, où la présidente par intérim Catherine Samba-Panza demande plus de troupes, a déclaré jeudi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Photo par SIEGFRIED MODOLA/Reuters
Photo par SIEGFRIED MODOLA/Reuters

Interrogé sur l’envoi de renforts dans ce pays, où 1.600 soldats français sont déployés aux côtés de quelque 4.400 soldats de la force africaine Misca, le ministre a répété que ce n’était pas à l’ordre du jour.

“Ce n’est pas dans notre intention dans l’état actuel des choses”, a dit Jean-Yves Le Drian sur i>TELE, renvoyant cette responsabilité vers l’Union européenne, qui a décidé d’envoyer sur place un contingent d’environ 500 hommes.

“Les différents pays doivent dire maintenant comment ils vont contribuer à la mise en oeuvre de cette force européenne”, a-t-il souligné. “Elle va beaucoup nous alléger car un des sujets difficiles sur Bangui, c’est l’aéroport”, où quelque 100.000 civils se sont réfugiés dans un camp situé à proximité pour fuir les combats.

Jean-Yves Le Drian a rappelé que la France n’avait pas vocation à rester plusieurs années en Centrafrique mais à sécuriser la zone, permettre une intervention humanitaire et engager la transition politique.

“C’est une question de mois. Je pense qu’à la fin de l’année si Mme Samba-Panza arrive à créer autour d’elle un consensus pour aboutir à la sécurisation, on pourra arriver à une transition politique”, a-t-il dit.

Des élections sont prévues au plus tard d’ici février 2015.

La présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, élue lundi avec la volonté de briser la spirale de violences ethniques et religieuses, doit prêter serment jeudi à Bangui.

“RÉHABILITER LES FORCES NATIONALES”

Dans une interview au journal Le Parisien, elle déclare avoir besoin de plus de soldats pour sécuriser son pays.

“Le nombre de soldats actuel ne suffit même pas à remettre de l’ordre à Bangui. Il n’y a pas assez de soldats en Centrafrique. Je me réjouis qu’au niveau de l’Union européenne des engagements forts aient été pris et que ces pays suivent l’exemple de la France”, dit la présidente, précisant que ces collaborateurs travaillent sur un chiffrage des besoins.

Catherine Samba-Panza souligne également le besoin de réhabiliter les forces de défense et de sécurité nationale.

“Pour le moment, ils sont éparpillés sur toute l’étendue du territoire, craignant pour leur sécurité. Il faut les rassurer, les faire sortir, et qu’ils regagnent leurs rangs”, explique-t-elle.

Signe de la tension persistante, de nouveaux affrontements ont fait dix morts mercredi à Bangui, a dit Jean-Yves Le Drian, confirmant les informations rapportées par des ONG présentes sur place.

“On a sans doute sous-estimé l’état de haine, l’esprit revanchard, de représailles, de vengeance”, a-t-il reconnu.

Depuis décembre, date du début de l’intervention française aux côtés des forces africaines, les violences dans le pays ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

Les dirigeants européens espèrent obtenir ce jeudi un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies afin de pouvoir déployer les premiers soldats d’ici la fin février.

La force européenne sera basée dans les environs de Bangui et devrait rester sur place pendant six mois avant de passer le relais à la force de l’Union africaine.

Source: Reuters par Marion Douet, édité par Sophie Louet

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