Renseignement : Facebook et Twitter “sont devenus les centres de commandement des terroristes” – 05/11/2014

Robert Hannigan, chef des renseignements britanniques.
Robert Hannigan, chef des renseignements britanniques.

Si l’on veut contrer les groupes terroristes, il faut faciliter l’accès aux données privées stockées par les réseaux sociaux, plaide le chef des renseignements britanniques. Une idée qui ne plaît pas aux géants technologiques.

Les réseaux sociaux devraient mieux coopérer avec les services secrets si l’on veut combattre des groupes terroristes comme l’organisation de l’Etat islamique sur Internet, estime le chef des renseignements britanniques, Robert Hannigan, qui signe une tribune dans le Financial Times.

Hannigan y rappelle que “les extrémistes de l’Etat islamique utilisent des réseaux sociaux comme Twitter, Facebook et WhatsApp […], et leurs dirigeants ont bien compris les nouveaux pouvoirs que [les réseaux sociaux] leur confèrent”. De plus, depuis les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance des données privées, les terroristes sont beaucoup plus au fait “des techniques pour crypter des messages ou pour les rendre anonymes”.

Terrorisme et exploitation sexuelle d’enfants

Non seulement ces géants du web “hébergent de plus en plus de contenus à caractère violent, extrémiste, concernant l’exploitation sexuelle d’enfants, mais ils ouvrent aussi la voie à la facilitation du terrorisme […]. Ils sont devenus les réseaux préférés des terroristes et des criminels qui les utilisent comme leurs postes de commandement et de contrôle”, observe Hannigan, ajoutant que “certaines entreprises technologiques semblent être dans le déni”.

Or, “le GCHQ [les renseignements britanniques] et ses agences annexes, le MI5 [agence de renseignements intérieurs] et le Secret Intelligence Service [MI6, renseignements extérieurs], ne peuvent faire face [aux criminels] si le secteur privé, y compris les plus grandes sociétés américaines qui dominent le web, n’intensifie pas son soutien”, avertit Hannigan. Cela veut dire : faciliter le travail des agences de renseignements et des forces de l’ordre dans le cadre d’enquêtes criminelles en donnant accès à certaines données récoltées par les sites concernés.

Protéger la vie privée des utilisateurs

Actuellement, les sociétés ne sont obligées de donner accès aux données privées que sur décision judiciaire, rappelle le Financial Times, dans un article connexe. Mais l’idée d’assouplir les règles inquiète bon nombre d’associations qui souhaitent protéger la vie privée de leurs utilisateurs. De plus, le quotidien note que, selon des responsables politiques britanniques, “certaines sociétés technologiques américaines sont devenues moins coopératives” avec les services de renseignements britanniques. Google, Facebook Twitter et Microsoft n’ont pas souhaité faire de commentaires, ajoute le journal.

Source : Courrier International

Par Judith Sinnige

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz