RDPC contre RDPC à Ngambè

Il existe à Ngambè deux camps opposés parmi les élites RDPC : les pro-Nyetam et les anti-Nyetam. Hans NYETAM NYETAM est l’actuel secrétaire d’état aux travaux publics. Sa nomination au gouvernement n’a pas plu à beaucoup d’élites de Ngambè. Pour celles-ci, Mr NYETAM ne serait pas un bassa, mais plutôt un banen du même clan que le célèbre footballeur Samuel ETO’O Fils. Certains voient donc mal que le Président ait nommé un étranger pour les représenter. Ainsi, beaucoup n’ont cessé de rêvé la chute de Nyetam. A la veille de chaque remaniement ministériel, ils prédisent sa chute qui n’arrive malheureusement pas.

rdpc1Les tensions ont été exacerbées par l’arrivée de l’épouse de Nyètam au sein de l’exécutif communal il y a 6 ans(elle était premier adjoint au maire). Peu de temps après, un conflit éclate au sein de l’exécutif communal de Ngambè entre le maire Mr LOGMO Antoine et ses deux adjoints dont Mme Angèle NYETAM. Les deux adjoints promettent de faire déposer le maire. Chacun des deux camps noue des alliances parmi les élites. Ces conflits empêchent le fonctionnement de la mairie ; les conseillers municipaux refusent de signer les délibérations empêchant au maire de travailler. Celui-ci réside d’ailleurs à Yaoundé et semble très influent dans les cercles du parti au pouvoir. Néanmoins la gestion de la commune lui est retirée pour incompétence et confiée au préfet de la Sanaga Maritime.

Lorsqu’arrive le moment de constituer des listes pour les élections municipales, quatre listes sont en compétition. Le consensus opéré n’est pas du goût de tous ; ce consensus a mis à l’écart certaines élites du parti très populaires parce que proches de la base. Curieusement, on retrouve dans la liste consensuelle l’ancien exécutif communal que la population voulait voir écartée de la course. Une pétition est envoyée au comité central. Les militants menacent de ne pas voter pour des gens qui ont passé 6 ans sans ouvrir un seul jour leurs bureaux et qui ont plombé le développement de la commune par des querelles de personnes au mépris de l’intérêt de la population.
Certaines élites tels BELL Joseph Antoine et Victor EKANG ont voulu faire retirer leurs noms de cette liste, mais il était tard.

C’est ainsi que certaines élites RDPC dont les noms n’ont pas été retenus par la liste et pourtant proche de la base du parti exhortent quelques personnes à constituer une liste adverse sous les couleurs de l’UPC, un parti en sommeil à Ngambè depuis une vingtaine d’années. Ce sont d’ailleurs ces élites RDPC qui auraient payé les cautions et financer l’impression de gadgets de campagne (T-shirts et chapeaux).

Lorsque commence la campagne électorale, les consignes de vote sont données : il faut voter l’UPC aux municipales et le RDPC aux législatives. On évoque alors comme prétexte, la promesse mensongère du bitumage de l’axe Song Mbènguè-Ngambè. Les travaux de cette route confiés à l’entreprise Ketch avaient pourtant débuté, mais se sont arrêtés sans qu’on connaisse la raison. On accuse Nyètam d’avoir ainsi abusé la population. La population est furieuse d’avoir un ministre chargé de routes qui n’arrive pas à faire travailler une route chez lui.

Avec l’échec du RDPC aux municipales qu’on assimile à l’échec du ministre Nyètam, le camp d’en face espère avoir frappé un grand coup, celui de voir Hans NYETAM NYETAM bientôt éjecté du gouvernement.

Alors dire que l’UPC a gagné une élection à Ngambè, c’est se tromper dangereusement. C’est plutôt la victoire d’une faction RDPC contre une autre via « l’UPC ».

NWEHA LONG