RDC : L’armée lance des opérations contre les rebelles hutus rwandais des FDLR – 26/02/2015

 Combattants des FDLR en République démocratique du Congo (archives) Reuters
Combattants des FDLR en République démocratique du Congo (archives) Reuters

L’armée congolaise a annoncé mardi avoir lancé des opérations contre les rebelles hutus rwandais, accusés de graves crimes. L’armée congolaise mène cette opération contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sans l’appui des Nations unies. Depuis plus d’une décennie, la République démocratique du Congo est sans cesse en quête d’un climat de stabilité. Alors même que le pays connait des tensions politiques qui traînent en longueur, un autre front est engagé, celui de  la neutralisation de différents groupes armés qui menacent l’intégrité de l’est du Congo. Cette région est une terre fertile pour de nombreux groupes armés qui menacent outre le territoire congolais, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Ces groupes souvent bien organisés et lourdement armés multiplient depuis des années, des actes de défiance vis-à-vis du Congo et de ses voisins. C’est le cas des FDLR. Ces rebelles Hutu rwandais qui sèment des troubles à répétition dans l’est du Congo, avaient jusqu’au 2 janvier dernier pour déposer volontairement les armes. Faute de quoi, ils s’exposaient à l’action commune des forces armées congolaises et de la brigade d’intervention de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco).

Mais depuis lors, entre Kinshasa et les Nations unies, la communication s’est brouillée. Pourtant, pour venir en soutien au gouvernement de Kinshasa, en mars 2014, le Conseil de sécurité des Nations unies a prorogé d’un an, jusqu’au 31 mars 2014, le mandat de la Monusco en décidant notamment de la doter d’une « brigade d’intervention » ayant le droit  de combattre et de neutraliser les groupes armés dans l’est du pays. Le mandat précédent de la Monusco, quant à lui, se limitait à la protection des civils. Il y a quelques semaines, à la surprise générale, le président congolais Joseph Kabila, a annoncé que son pays renonçait à tout soutien des Nations unies pour mener une offensive armée contre les rebelles rwandais. Depuis mardi soir, l’armée congolaise est effectivement au front. Dès lors des questions se posent sur la suite des opérations armées contre  les rebelles rwandais. Toujours est-il que même si les contours de l’opération restent encore flous, le gouvernement congolais se dit prêt à y aller seul et à défaire les FDLR.

Toujours est-il que la « brouille » entre Kinshasa et les Nations unies désoriente les populations de l’est congolais, qui craignent la recrudescence des violences. Pourtant, l’ONU avait simplement exigé de Kinshasa de remplacer deux officiers fraîchement nommés au Nord-Kivu pour superviser et coordonner l’offensive contre les rebelles dans cette province déchirée par les conflits armés depuis plus de vingt ans. Les Nations unies accusent les deux officiers de s’être rendus coupables, par le passé, de graves violations des droits de l’Homme. Et c’est face au refus de Kinshasa de donner suite à cette requête que l’ONU a indiqué qu’elle stoppait le soutien stratégique, logistique et opérationnel qu’elle aurait pu fournir aux Forces armées de la RDC (FARDC) pour l’opération contre les FDLR. Depuis, c’est un véritable dialogue de sourds entre le gouvernement congolais et les Nations unies.

L’opinion publique congolaise commence à se poser des questions devant cette situation. Ainsi, il y a quelques jours, une organisation de défense des droits de l’Homme, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ)  a appelé les autorités de Kinshasa à revenir sur leur décision de se passer de l’aide de l’ONU dans leur offensive contre les rebelles rwandais. Un vœu pieux. Néanmoins, pour Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, si l’armée congolaise s’engage seule contre les rebelles, rien n’empêche les casques bleus de la Mission de l’ONU de faire de même au regard de leur mandat. Mais, il faut relever que les relations congolo-onusiennes vieilles de plus de 15 ans ont souvent évolué en dents de scie depuis 1999.

Source : © Cameroon Tribune

Par Simon Pierre ETOUNDI