RDC : Joseph Kabila doit éviter un bain de sang – 28/01/2015

Joseph Kabila Kabange, président de la République Démocratique du Congo.
Joseph Kabila Kabange, président de la République Démocratique du Congo.

Cette injonction est du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), dont le siège social est à Douala, par le biais d’une note d’information rendue publique ce 27 janvier 2015. Explication !

2016 est une année électorale en République démocratique du Congo (RDC). Celle qui verra l’élection d’un nouveau président de la République. Du moins, si la constitution n’est pas modifiée. Pour y arriver, la période préparatoire doit se dérouler avec une loi électorale transparente et équitable. Afin de garantir une égalité de chance à tous les candidats. Mais, l’adoption de la nouvelle loi électorale, le 17 janvier 2015, qui conditionne la tenue des élections législatives et présidentielles par le recensement des populations. Lequel ne peut se terminer avant 2020. Une loi qui viserait à proroger le mandat du président de la République et des députés de la Nation. Une situation non-appréciée par les populations congolaises. D’où les manifestations du 17 au 22 janvier 2015. Cela « montre à suffisance que si rien n’est fait à temps, la RDC pourra s’embraser. On sait que la RDC est déjà connue en tant que  pays en conflits depuis les décennies. Conflit  qui a pour conséquence : les viols massifs à l’encontre des femmes et des jeunes filles, l’enrôlement des enfants soldats, les assassinats des défenseurs et des populations, des crimes de guerres, de nombreux déplacés, bref les crimes graves des Droits de l’Homme », rappelle le Redhac dans son communiqué.

Au regard de cette situation, le Redhac et ses membres en RDC à savoir le vice-président du conseil d’administration, ses points focaux et ses conseillers juridiques et honorifiques attirent l’attention de Joseph Kabila sur les actions des forces armées congolaises pendant cette brève période de troubles. Celles-ci et d’autres services de sécurité ont « arrêté et séquestré arbitrairement des membres de l’opposition, des étudiants et autres acteurs sociaux à Kinshasa ; arrêté et transféré une dizaine de membres de l’opposition à la prison centrale Munzenze de Goma ; tiré à balles réelles sur les manifestants pacifiques et les sources dignes de foi dénombre plus de 130 civils assassinés sur l’ensemble du territoire. Aussi, les coupures de connexion internet et SMS téléphoniques sur l’étendue du territoire ont rendu impossible tout échange avec les défenseurs et autres partenaires en RDC », déroule le Redhac via sa directrice exécutive.

Dans ce manifeste, les membres du Redhac demandent à Joseph Kabila de « ne pas promulguer cette loi afin d’éviter à son pays qui souffre déjà d’un conflit qui ne fait que dure un bain de sang ; de respecter la Constitution de la RDC pour plus démocratie ; de faire publier par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), sans délai, le calendrier des élections législatives et présidentielles pour 2016 ; d’interpeller les forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants pacifiques et les traduire en justice afin d’éviter l’impunité ; et de ratifier et mettre en œuvre de toute urgence la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance pour les élections de 2016 ». Afin d’espérer à la tenue d’une élection libre et transparente, sans bain de sang, l’année prochaine. Espoir !

© CamerPost – Frank William BATCHOU

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