RD Congo : Joseph Kabila, le président illégal et illégitime attend la foule pour quitter le pouvoir

Joseph Kabila, président de la république démocratique du Congo | Photo d'archives
Joseph Kabila, président de la république démocratique du Congo | Photo d’archives

Une société civile bâillonnée, une opposition caporalisée, une constitution chiffonnée, en République Démocratique du Congo les hommes sont plus puissants que les institutions.

Le pays vit peut-être la phase la plus délicate de son histoire. Après deux ans d’un régime ramassé presque au sol, l’actuel président Joseph Kabila a décidé de passer outre les dispositions constitutionnelles pour se maintenir au pouvoir. Déjà quelques mois que le climat est électrique, à trois mois de la fin du mandat constitutionnel du président.

Situation toujours tendue. En ce début de semaine, il ne fait pas bon d’être dans la capitale Kinshasa car en deux jours : plusieurs dizaines de tués, des permanences des partis militarisés où la garde présidentielle traque les opposants et manifestants. Les sièges des partis vandalisés, les pillages en série.

En République démocratique du Congo, chacun arrive au pouvoir à sa façon. Mobutu avait dû trahir son mentor Patrice Lumumba pour accéder à la tête du pays. Le président Désire Kabila à la tête d’une rébellion prend le pouvoir à la suite des crises graves. Le tombeur de Mobutu, Kabila-père a eu le temps de fabriquer son fils Joseph. Ce dernier après deux mandats, chansonne ce pamphlet devenu désormais une règle en Afrique : « je suis et j’y reste ».

 Défaut de légitimé

La tenue d’un dialogue national, a permis de voir l’impopularité du président. Tout ce qu’il initie tombe en lambeau. Lors de la plénière, du dialogue national, des blocages ont été notés. En effet, le calendrier global publié en février 2015, prévoyait la tenue de la présidentielle au plus tard le 20 septembre 2016.

Hier encore, les membres de la conférence épiscopale- Cenco a pris ses distances avec le pouvoir. Elle suspend de fait, sa participation dans les travaux du dialogue national suite aux nombreux tués par le pouvoir. Dernier clou sur le cercueil, la Cenco demande la mise à l’écart du président lors de la prochaine présidentielle, qui doit se tenir le plus vite possible. Les Congolais reprochent au président : la barbarie des forces de l’ordre sur les populations, les coûts élevés de l’éducation, le chômage, le faible accès aux soins de santé.

A la quête de légalité

La loi congolaise limite à deux le nombre de mandats à la tête du pays, ce que ne veut pas entendre Joseph Kabila. Pour se défaire de loi constitutionnelle, le président tente un jeu de poker. La convocation d’un dialogue national est considérée par l’opposition politique comme une épée à double tranchant. L’hypothèse de la formation d’un gouvernement de transition, redouté par les acteurs du jeu politique. Du côté de l’opposition et de la société civile, le pouvoir pourra remplacer « Jean par Paul ». Ce sont là, autant de barouds d’honneur du président à la quête d’un troisième mandat.

Comment à cette allure,  une révolution de palais à la  Burkinabè n’est-elle pas envisageable ?

© CAMERPOST par Augustin Tacham