RCA : 9 000 personnes réfugiées en brousse à cause des combats entre groupes armés

9 000 centrafricains réfugiées en brousse à cause des combats entre groupes armés | Photo d’illustration

Des affrontements dans la ville de Bocaranga entre deux armés ont poussé de milliers de personnes à se réfugier dans une brousse en fin de semaine dernière. La communauté internationale appelle à la protection de la population civile.

C’est à travers un communiqué, que le coordonateur humanitaire en République centrafricaine par intérim, a convié le gouvernement et partenaires au développement à apporter leur soutien aux populations civiles déplacées. Il a du même coup, appelé les combattants à préserver la vie des populations civiles et des travailleurs humanitaires.

Encore des violences 

Suite à ces combats, le Docteur Michel Yao a condamné les attaques contre des civils et les organisations humanitaires. Il a estimé que ces attaques constituent des atteintes contre le droit international humanitaire. Le Docteur Michel Yao a demandé aux parties en conflit, de permettre l’accès des réfugiés dans les sites des organisations humanitaires pour un encadrement adéquat «J’exhorte toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à assurer la protection des civils. L’attaque contre les travailleurs humanitaires est un crime de guerre », a déclaré le Dr Yao.

C’est en effet, le 2 février dans la ville de Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham Pendé, au nord de la Centrafrique que deux groupes armés se sont affrontés.

Lesdites violences ont entrainé le déplacement de 9 000 personnes. Ces déplacés sont actuellement refugiés dans une brousse à environ 15 à 20 kilomètres de la ville.

Autre fausse note, à la suite de ces accrochages, les bases de deux organisations humanitaires internationales ont été pillées par les assaillants. L’une d’elle a même été incendiée.  Les bandes armées ont aussi mis le feu sur l’église et une bonne partie du marché de la ville, de même que des magasins pillés.

Plus graves encore, des pertes en vies humaines ont été enregistrées, de même que de nombreux blessés parmi les populations civiles en plus d’importants dégâts matériels.

Encore et toujours des besoins

La ville Bocaranga est désormais une ville sinistrée car avant les violences de la fin de semaine dernière, la localité comptait déjà 15 000 déplacés en provenance de Koui, une localité située à 35 kilomètres à l’est de Bocaranga. Le déplacement de ces 15 000 personnes était lié aux affrontements du 21 septembre 2016.

Pour la période 2017-2019, 2,2 millions de personnes en RCA sont dans le besoin d’une aide humanitaire immédiate et le Plan de réponse humanitaire-PRH demande 400 millions de dollars US. Ce sont des fonds issus du trésor public centrafricain et des partenaires au développement. Pour les autorités, ce PRH visait à sauver les vies humaines, renforcer la protection des populations affectées et préserver la dignité humaine en rétablissant l’accès aux services sociaux de base et aux mécanismes d’assistance.

Seulement en 2016, 70 000 cas de nouveaux déplacés. Ce plan triennal est donc une urgence vitale selon les autorités centrafricaines.

En novembre dernier, le président centrafricain Faustin-Archange Touadera estimait que son pays a besoin de 3,1 millions de dollars américains sur une période de 5 ans, pour son redressement. Mais seulement, le tiers de cette somme avait été contribué, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires aux Nations unies.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM