Qui a tué Mgr Jean-Marie Benoît BALA ?

Au-delà des émotions et de vaines élucubrations…

Qui a tué Mgr Jean-Marie Benoît BALA ?

Pendant de longues semaines, suite au décès constaté de Mgr Jean-Marie Benoît BALA, l’opinion nationale s’est  laissé plonger dans un triste et regrettable vacarme autour de ce drame. Que n’avons-nous entendu par diverses bouches, plus ou moins crédibles, accusant à tout va, indexant vertement tel ou tel haut responsable de l’Etat, sans un début de preuve véritable pourtant ?… De la pure tricherie, dans un mauvais bal masqué, où des acteurs embusqués jouent à qui trouverait la meilleure ignominie, la plus grosse infamie à imputer à l’État ou au régime.

Il est temps de mettre au placard, les émotions primaires mal placées, pour prendre un peu de recul, et porter un regard plus raisonné sur cette dramatique situation.

À l’analyse, même sommaire, de l’environnement psychosociologique  personnel de l’évêque peu avant ce drame, il n’est pas exagéré de dire que Mgr BALA a été probablement abandonné des siens. À la vérité, le prélat aura  envoyé, bien avant sa mort, des signes clairs d’un probable inconfort psychoaffectif, voire pire, des signaux d’un possible  désespoir.

De nombreux témoignages de prélats de son entourage immédiat et de ses proches collaborateurs concordent à ce sujet : Mgr Bala dépérissait à vue d’œil, rongé par un mal-être non dévoilé, non élucidé. L’on apprend qu’il avait perdu l’appétit, et qu’il dormait à peine…

Dès lors l’on peut se poser une question : ceux qui parlent haut aujourd’hui indexant les autres, et qui pour certains approchaient l’évêque de regrettée mémoire, ont-ils su tendre une main secourable pour l’aider à remonter la pente, lorsqu’il a envoyé des signes de détresse avant sa mort ?

Aurait-on le souvenir de quelques inquisiteurs post-mortem qui auraient approché l’infortuné prélat de son vivant, pour s’enquérir de l’objet de ses préoccupations, et l’aider à en supporter le poids ? Lequel de ces inquisiteurs post-mortem, consacrés ou laïcs, s’est montré suffisamment charitable, pour  offrir à Mgr BALA un asile ou simplement une présence, une écoute fraternelle, lesquelles auraient pu lui éviter un isolement psychosociologique fatal ? L’Évangile de Mathieu précise pourtant aux fidèles serviteurs du Christ ce devoir de charité fraternelle imprescriptible (Mathieu 25, 31-40) :

« …j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
J’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
J’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
J’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
J’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité… »

Et nous ajouterions, « j’étais en détresse, et vous ne m’avez pas soutenu… » Oui, nous voulons croire que Mgr Bala a attendu vainement le bon Samaritain. Et pour ne l’avoir pas rencontré, il est allé là où il est allé…

Dans ces conditions, vous qui cherchez l’assassin d’un confrère pour les uns, d’un pasteur pour les autres, pensez bien que  l’assassin de Mgr BALA, à la fin, pourrait bien se trouver d’abord et avant tout parmi vous. L’ayant sans doute vu dépérir, ne l’avons-nous pas ignoré ? Ne l’avons-nous pas privé de la vraie charité chrétienne, enseignée par le Seigneur Jésus-Christ, celle pour laquelle l’amour du prochain est la preuve concrète de notre amour pour Dieu ? Ne nous sommes-nous pas refusés, par évitement et par omission, d’assister un confrère, un pasteur blessé dans son corps et dans son âme, comme oublié sur le bord du chemin ?…

Dans ces conditions, pourquoi chercher ailleurs les causes profondes de ce drame ? Pourquoi se laisser tenter par des amalgames tout à fait injustifiés ? N’est-il pas finalement trop facile, à chaque fois que survient une mort suspecte d’un évêque ou d’un prêtre dans notre pays, d’indexer de manière péremptoire et automatique le pouvoir ?

Souvent, comme dans le cas du révérend père Engelberg MVENG de très regrettée mémoire, à défaut de bien comprendre ce qui s’était réellement passé, l’on avait tout simplement porté l’accusation sur un supposé « pouvoir rosicrucien »… Et l’on avait  même entendu ces paroles très déplorables d’un évêque : « on nous a refusé le corps du père MVENG, on est en train d’extraire son cerveau »… C’était une déclaration, à la fois  légère et sans fondement véritable, ni véridique, ni vérifiable !

Aujourd’hui, pour le cas de Mgr BALA, l’on écrit, l’on fait des déclarations tonitruantes. L’on s’excite et l’on veut exciter les autres. Alors même que l’excitation ne crée pas la vérité. Et, en toute simplicité, au lieu de s’éterniser dans cette sorte d’agitation improductive,  il serait bon que ceux-là qui pensent détenir la vérité la disent et qu’ils la proclament tout haut, sur les toits, en donnant bien sûr des preuves irréfutables…

Saint Jean, citant le Seigneur dit : « la vérité vous rendra libre ». Restons donc dans la vérité. Elle ne doit pas être supposée, elle doit être démontrée.

À nos frères et sœurs qui cherchons la vérité, soyons sûrs qu’elle finira par être trouvée, connue. Ce sera alors la seule vérité, aux yeux de Dieu et des hommes.

À ceux qui font des déclarations incendiaires, nous pouvons dire que le peuple camerounais n’est pas dupe. Il nous entend, il nous écoute, mais aussi, il nous voit. Ce peuple, pensons-nous, ne se laissera pas manipuler par qui que ce soit.

Alors, à l’instant, que nous reste-t-il à faire de mieux, si ce n’est de laisser ce noble évêque reposer en paix ?

Par EBANG BIFELE Martin

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