Prolongement à problème du boulevard de la République

Les populations de Bepanda à Douala ont décidé d’ester en justice dès ce lundi 2 septembre 2013 contre la Communauté urbaine et deux chefs traditionnels sawa. A l’origine du différend, la déviation du tronçon comme initialement prévu.

Boulevard_de_la_republique_douala_b

La décision prise est irréversible. « Nous intentons un procès à deux volets, dès ce lundi 2 septembre 2013, au Tribunal de première instance de Ndokoti. Le premier contre deux chefs Sawa et le second pour faire une opposition judiciaire afin qu’on indemnise des vrais propriétaires, les ayants droits », précise courroucé André Nzakou, le président de l’Association des habitants de Bépanda. Il a été rencontré aux environs de 23H30 ce 30 août 2013 après une réunion stratégique secrète avec les membres de son association. Ce problème nait à la suite du prolongement du boulevard de la République. Lequel, durant son passage, entrainera la destruction de plus de 408 maisons dans la collectivité de Bonamouang-Akwa ; composée de trois foyers : Yadiban, Bonamoussongo et Bon’Ewake. Elle s’étend sur une superficie de 93 hectare avec pour titre foncier N°13599.

Pourtant, « la Communauté urbaine de Douala (Cud) parle de 200 maisons. Fritz Ntonè Ntonè nous a dit que tout le monde sera indemnisé qu’il ait ou non un titre foncier. Maintenant, on n’a fait appel qu’à sept personnes sachant que Pierre Elong Kotto et Alain Brice Mouangue Mouangue, respectivement chefs traditionnels de Mbanya et Bonamouang ont établit à notre insu, un titre foncier général sur nos différents titres pour bénéficier des indemnisations le moment venu. En violation de la loi de 1974 qui interdit de titrer un terrain habité », explique André Nzakou en présentant titre foncier et précédente décision judiciaire. La tentative de rencontrer ces deux chefs incriminés a été vaine.

Cette route, selon le plan préétabli par l’ex ministre et maire Tobie Kouoh, devait suivre une ligne droite. Mais, « au gré des pots de vins, ce tracé n’est pas respecté aujourd’hui par le délégué du gouvernement auprès de la Cud. Il zigzague dans le quartier », souligne sous anonymat un parent. Le 27 février 2006, ces habitants, présents sur le site depuis 1972 pour la plupart, reçoivent une sommation de cinq jours pour déguerpir. Sans toutefois demander s’ils possèdent ou non des titres fonciers. Cette note signée de l’ex délégué Edouard Etondè Kotto a pour motif : « Occupation illégale de la chaussée (inexistante) ». Comme réponse immédiate, les habitants de Bepanda ont servi une contre sommation de deux jours et une plainte au Tribunal de Ndokoti. Après une longue procédure judiciaire, « le Tpi a signé ce primitif demandant d’arrêter tout travaux, d’indemniser et de recasser les habitants avant de continuer les travaux », explique Yoya, un autre habitant. Bien que décidé de se battre jusqu’au dernier souffle pour revendiquer ce qui leur revient de droit, ces habitants disent être sur le qui-vive. « Chaque fois que tu entends les bruits, tu crois que ce sont les engins de la Cud qui sont entrain de casser dehors », conclut André Nzakou. Affaire à suivre !

Frank William BATCHOU