Présidentielle au Cameroun : la stratégie du moindre mot

À 83 ans,Paul Biya compte trente-trois années de pouvoir. | © PRC
À 83 ans,Paul Biya compte trente-trois années de pouvoir. | © PRC

Candidat ou pas ? Modification de la Constitution ou non ? Présidentielle anticipée ou maintenue en 2018 ? Le chef de l’État prend son temps pour trancher. Et laisse les prétendants à sa succession se déchirer.

Mvomeka’a. Personne ne parlerait de cette bourgade perdue dans la forêt équatoriale du sud du Cameroun si elle n’était la résidence quasi permanente du président Paul Biya. Ces dernières semaines, il n’est réapparu dans la capitale, rayonnant, qu’à deux reprises : le 19 avril, pour rencontrer Samantha Power, l’ambassadrice américaine à l’ONU, et le 2 mai, le temps de sauter dans un avion pour Abuja, au Nigeria, où il était attendu en visite officielle.

Les yeux restent braqués sur le palais d’Etoudi, dans l’attente d’une décision qui ne vient pas. Même le 20 mai, jour de fête nationale, le président ne prendra pas la parole.

Peu de certitudes quant à l’avenir politique du pays ?

Paul Biya, 83 ans – dont trente-trois années au pouvoir -, aime faire durer le suspense : candidat ou non à sa propre succession, modification constitutionnelle ou statu quo, présidentielle anticipée ou non… On l’attend de pied ferme, mais le chef de l’État prend son temps pour trancher, indifférent aux pressions qui l’incitent à avancer l’élection prévue en 2018 et à faire acte de candidature pour qu’enfin les couteaux des clans rivaux rentrent dans leurs fourreaux.

Silencieux, aussi, sur la promesse de créer un poste de vice-président qui pourrait devenir son successeur constitutionnel – promesse faite notamment à Ban Ki-moon et à quelques partenaires étrangers inquiets de l’avenir peu lisible du pays.

S’il ne convoque pas l’Assemblée nationale en session extraordinaire d’ici à juin ou juillet, alors il ne se passera rien. Le président ira à la fin de son mandat en 2018 et, dans ce cas de figure, il ne fait aucun doute qu’il se représentera

« L’élection présidentielle camerounaise de 2018 est certaine, mais encore lointaine, a-t-il éludé le 3 juillet 2015 lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue français François Hollande, en visite au Cameroun… Lire la suite à © JEUNE AFRIQUE >>

Source : © Jeune Afrique

Par Georges Dougueli