Présidence FIFA : Pour qui va voter l’Afrique ?

Issa Hayatou et Sepp Blatter, le 29 mai à Zurich. | © AFP / FABRICE COFFRINI
Issa Hayatou et Sepp Blatter, le 29 mai à Zurich. | © AFP / FABRICE COFFRINI

A trois semaines de l’élection du président de la Fédération internationale de football (FIFA), la Confédération africaine de football (CAF) réunit son Comité exécutif ce vendredi à Kigali, en marge du 4e Championnat d’Afrique des nations (CHAN) qui se joue depuis le 16 janvier dans la capitale rwandaise, pour se prononcer sur le choix de son candidat.

En attendant la décision officielle de l’Afrique, il est prêté à l’instance continentale de vouloir rouler pour le Bahreini Sheikh Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, l’un des cinq postulants à la succession du Suisse Sepp Blatter, démissionnaire.

Les quatre autres candidats étant le Suisse Gianni Infantino, le pince Ali de Jordanie, le Sud-Africain Tokyo Sexwale et le Français Jérôme Champagne.

La signature, le 15 janvier dernier à Kigali, d’un accord d’entente visant à relancer une coopération en veilleuse entre la confédération africaine dirigée par Issa Hayatou, et son homologue asiatique, présidée par Sheikh Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, est interprétée comme la volonté de l’Afrique d’apporter son soutien au Bahreini.

Le prince Ali de Jordanie n’a pas manqué de dénoncer cet acte, le qualifiant de « tentative de violer les règles électorales ». Tout en balayant les accusations du Jordanien, Issa Hayatou, par ailleurs président par intérim de la FIFA depuis octobre dernier, a délégué une partie de ses prérogatives à la tête de la CAF jusqu’à la fin du processus électoral à la FIFA.

Désormais, c’est aux vice-présidents Suketu Patel et Almamy Kabele Camara que revient la tâche de gérer les relations entre la CAF, les autres confédérations, les membres et les candidats à l’élection présidentielle de la Fifa jusqu’à la conclusion du processus électoral. Une manière pour le patron de l’instance continentale depuis 28 ans de se mettre au-dessus de la mêlée.

L’Afrique fait l’objet d’une cour assidue de la part des candidats. En fin octobre dernier, le comité exécutif, réuni à son siège au Caire, avait « reçu et écouté » quatre des cinq postulants, Jérôme Champagne était le seul absent. Puis, s’en sont suivis des tournées sur le continent et des tractations lors de deux compétitions continentales, la CAN U23 tenue en novembre-décembre à Dakar, et le CHAN, qui se joue depuis le 16 janvier au Rwanda, pour solliciter des voix.

Et les promesses ne manquent pas. Infantino, devenu de fait le candidat de la Confédération européenne (UEFA) avec le retrait de la candidature du Français Michel Platini, suspendu pour huit ans, envisage de confier, s’il est élu, le poste de secrétaire général (de facto n°2 de la FIFA) à un Africain. Le prince Ali, demi-frère du roi Abdallah de Jordanie, lui, promet à l’Afrique un « rôle dirigeant ». Jérôme Champagne s’engage à attribuer plus de places au continent au Mondial. Sexwale et Sheikh Salman ne sont pas en reste.

A l’origine de toutes ces agitations : la profondeur du réservoir électoral que constitue l’Afrique. Avec 54 voix, devant l’UEFA qui en compte 53, le continent africain représente environ un peu plus du quart du collège électoral composé des 209 fédérations affiliées à la FIFA.

Cette élection, prévue lors du congrès extraordinaire de l’instance mondiale le 26 février prochain à Zurich, en Suisse, a été provoquée par la démission le 2 juin dernier du président sortant, Sepp Blatter, en poste depuis 1998, alors que la FIFA est secouée par un vaste scandale de corruption.

© CAMERPOST avec © APA