Plan de relance de « l’Étoile du Cameroun » : Voici pourquoi Paul Biya croit encore en Camair-Co

Paul Biya croit encore en Camair-Co | PATRICK KOVARIK/AFP
Paul Biya croit encore en Camair-Co | PATRICK KOVARIK/AFP

Le président camerounais a-t-il raison d’approuver le Plan de relance de la compagnie aérienne nationale proposée par la firme Boeing ? Les experts approuvent la position du chef de l’État.

Contrairement au persiflage et à la campagne de dénigrement engagés depuis plusieurs mois par la foultitude des pourfendeurs de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), le président de la République, Paul Biya, continue à croire, contre vents et marrées, aux capacités de réhabilitation de la compagnie aérienne nationale. Le chef de l’État a raison d’y croire. Et pour cause, l’entité commerciale qu’est la compagnie Camair-Co est bel et bien techniquement récupérable. Certes la Camair-Co est malade, mais la patiente n’est pas encore à l’agonie. De l’avis convergeant des experts en la matière, il suffit d’une bonne restructuration, d’un renflouement financier efficient et de l’augmentation de la flotte, pour que la compagnie nationale reprenne son envol. Autrement dit, le président Paul Biya a vu juste, la compagnie aérienne du Cameroun est capable d’opérer sa propre mue, et de retrouver sa place sur le marché concurrentiel du transport aérien, tant au niveau national qu’international. Le rêve est désormais permis. Le président Paul Biya vient d’approuver le plan de restructuration et de relance de la Camair-Co, dont le cahier de charges monté par le constructeur Boeing propose que « l’étoile du Cameroun » desserve au moins 27 destinations, si elle veut rattraper son retard économique. Paul Biya croit dur comme fer à la rentabilisation de la Camair-Co. Impossible n’étant pas camerounais, le chef de l’Etat a raison de donner son onction pour l’acquisition de neuf nouveaux aéronefs, pour la restructuration en profondeur de la dette de l’entreprise ainsi qu’un financement de 60 milliards FCFA, nécessaire à la relance optimale de la compagnie nationale. Le plan élaboré par le constructeur Boeing pour redresser la Cameroon Airlines Corporation approuvé par le président de la République est la solution idoine pour donner une dernière chance de vie à la compagnie qui n’a volé jusqu’ici que de déficit en déficit. Comment aurait-il pu d’ailleurs en être autrement ? Les experts en aéronautiques sont formels là-dessus, on ne bâtit pas une compagnie aérienne sérieuse avec trois aéronefs, dont un seul gros porteur, le Boeing 767, le « Dja », et deux Boeing 737-200. Quand on y ajoute deux avions chinois de petites capacités, on n’a résolu aucun problème, bien au contraire, on en a rajouté, car les lignes domestiques ne sont pas très rentables. La concurrence des airs est tournée vers les vols internationaux. Or, jusqu’ici, la Camair-Co réalise l’exploit d’annuler les vols vers Paris ou de voyager avec une cabine quasi vide… Tout cela menait la compagnie vers l’abime. Paul Biya a vu juste. Pour rendre la Camair-Co rentable il faut s’ouvrir vers l’extérieur, sans pour autant abandonner les lignes domestiques qui nécessitent des avions moins gourmands en kérosène que les appareils à réacteurs comme les 737-200.

27 destinations à desservir et neuf avions à acquérir

Les propositions de Boeing, validées par le président de la République vont permettre à la compagnie aérienne nationale d’avoir des taux de remplissage convenables de ses avions, par la fiabilité et la régularité des vols. Camai-Co devra s’ouvrir vers 27 destinations dont cinq intercontinentales (Paris, Bruxelles, Washington, Wangzhou), 13 régionales et 9 domestiques. Ces destinations sur lesquelles on aurait dû ajouter les vols directs vers Genève, seront assurées par un minimum prioritaire de neuf avions modernes. Ce qui signifie qu’il faille rehausser la flotte de Camair-Co. Pour survivre à la concurrence internationale, seul le Boeing 767 ne suffit pas. Son grand âge et ses nombreuses révisions le clouent au sol en permanence. Une absence régulière qui a pour conséquence de chambouler la régularité et la fréquence des vols, en entraînant des nombreux retards et même des annulations de vols qui font fuir la clientèle. Avec un ratio de 14 avions modernes, la Camair-Co pourrait être capable de « reprendre » ses passagers qui végètent sur les ailes des compagnies étrangères et sous d’autres cieux. Bien plus, il s’agit d’un plan d’urgence qui a pour finalité de rentabiliser l’exploitation de la compagnie à court termes. Le président Paul Biya et Boeing sont d’accord là-dessus, le plan de redressement ainsi validé propose que l’Etat paie la dette de Camair-Co estimée à près de 35 milliards FCFA. Il s’agit d’une dette incontournable chevillée sur la location des avions, celle des fournisseurs de carburant, des services d’assistance au sol et de navigation aérienne… Autrement dit, il faut un financement compensatoire de 60 milliards FCFA de l’État, pour la relance optimale de la compagnie. C’est le prix à payer pour que « l’étoile du Cameroun » brille plus haut. Tout cela est possible et faisable, si ce plan de relance s’accompagne par un plan managérial efficient et efficace, en sus d’une baisse des effectifs. Boeing se propose d’accompagner la Camair-Co dans la mise en œuvre du dit Plan sur une période de 18 mois renouvelables.

Par Arthur Vincent Momo,

ingénieur en aéronautique

  • on ne crée pas une entreprise pour des raisons de clientélisme politique. Le Cameroun a échoué dans son projet de maintenir une compagnie aérienne vivante. tous les ingrédients étaient réunies pour un échec programmé.

  • Éric Joel

    Si j’ai bien compris, il s’agit de louer des avions à moins que 95 milliards en achètent autant. Qui sera là clientèle qui va faire accroître les recettes ? L’equipe nationale ? Les missions grassement payées de l’Etat ? Combien de Camerounais prennent, autant pour moi ont même déjà aperçu un avion de près ? D’autres part l’engrenage de l’endettement massif dans lequel nous entrons la le grand public ne se soucis pas de l’echelonnement du remboursement et comment il se fera. Et pourtant il y a de quoi s’inquiéter rien qu’en lisant Camerpost j’ai appris qu’a l’exercice 2015 l’Etat a du empreinter dans la réserve de la BEAC pour éponger sa charge salariale 3 mois de suite. Voici venus les stades, le port, les barages, les ponts, les autoroutes et les infrastructures de la CAN en 2016 voilà près de 1300 milliards d’endettement en un an. C’est vraiment vertigineux.

  • Wait and see …

  • Vo mieux tar ke jamai

  • Faisons Lui confiance

  • kaptoum calvin

    l’auteur de cet article est chargé de la propagande des vendeurs d’illusions, vraiment qu’on arrête de mettre à la disposition des pillards l’argent des pauvres camerounais ,quelle est cette compagnie qui va de relance en relance sans jamais prendre d’envol? on a déjà injecté combien dans les plans de relance de la Camair en dix? quels en sont les résultats? Je croix qu’on n’aime pas ce pays à l’image de la Camair-co toutes les structures publiques sont gérer de la mème façon( favoritisme, détournement,).il faut qu’on privatise au delà des entreprises publiques camerounaises, le gouvernement Camerounais si nécessaire pour que le peuple respire un peu