Philippines – Passion du Christ : Le vendredi saint, jour de crucifixions

Chaque Vendredi saint, des fidèles philippins rejouent la passion du Christ en s'infligeant le supplice de la croix afin d'exprimer leur dévotion. | © Mark Cristino / Pacific P/SIPA
Chaque Vendredi saint, des fidèles philippins rejouent la passion du Christ en s’infligeant le supplice de la croix afin d’exprimer leur dévotion. | © Mark Cristino / Pacific P/SIPA

Comme chaque année, les fidèles philippins se sont infligés le supplice de la croix et de la flagellation jusqu’au sang, lors des traditionnelles cérémonies du Vendredi saint dans l’archipel, bastion du catholicisme en Asie. Le rituel consistant à rejouer la Passion du Christ se déroulait sous une chaleur écrasante dans la région de San Fernando, près de Manille, devant des milliers de spectateurs.

Ces crucifiements ont lieu toute la journée dans des champs poussiéreux de ces villages de l’archipel à 80 pour cent catholique, sous les yeux de milliers de curieux également attirés par le spectacle de pénitents se flagellant jusqu’au sang.

 Les clous traversent chaque main et les deux pieds mais ce n’est pas sur eux que repose le poids des pénitents, dont les bras sont également attachés à la croix. Ils ne passent que quelques minutes ainsi suspendus, avant d’être redescendus et de recevoir des soins.

 Des dizaines de personnes ont défilé pieds nus en se flagellant jusqu’à la colline où une dizaine d’hommes au total ont subi l’épreuve de la crucifixion cette année, certains cloués à la croix, d’autres y étant attachés.

A l’aube, de jeunes hommes déguisés en soldats romains ont ainsi enfoncé de longs clous dans les mains et les pieds d’un jeune homme qui, étendu sur une croix en bois, a grimacé de douleur, mais en silence.

L’Église de l’archipel désapprouve cette ferveur extrême, estimant que la foi peut trouver d’autres moyens d’expression. «Nos actions devraient se concentrer sur les bonnes œuvres», a ainsi dit l’archevêque de San Fernando, Florentino Lavarias. Mais son maire Edwin Santiago n’a pas caché que les retombées économiques de cette tradition étaient les bienvenues. L’année dernière, 60.000 spectateurs philippins et étrangers ont assisté au spectacle, il en espère davantage cette année.

Retombées économiques

Des milliers de personnes parmi lesquelles des dizaines de touristes occidentaux font ainsi fait le voyage vers le village voisin de San Pedro pour assister à une quinzaine de crucifiements et à d’autres rituels sanguinolents. Des vendeurs ambulants tentent de vendre des souvenirs, chapeaux, boissons fraîches et nourriture. Des écrans géants sont installés pour ceux arrivés trop tard pour être aux premiers rangs.

© CAMERPOST par Eliane Ndounkeu

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