Patrice Amba Salla : « La seule peur que j’ai lorsque je vais à l’Assemblée Nationale, c’est de ne pas pouvoir satisfaire les demandes » – 17/11/2014

Patrice Amba Salla, Ministre camerounais des Travaux Publics.
Patrice Amba Salla, Ministre camerounais des Travaux Publics.

Le Ministre camerounais des Travaux Publics, Patrice Amba Salla, s’est exprimé récemment sur le faible taux d’exécution du budget d’investissement public.

La session parlementaire du mois de novembre verra la traditionnelle série de questions orales aux membres du gouvernement. Etes-vous prêt monsieur le Ministre ? 

Je suis prêt pour la défense de mon budget. J’ai assisté à la séance plénière d’ouverture à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Je suis en mesure d’aller défendre mon budget en plus de cela, j’ai vraiment besoin de faire comprendre aux membres du parlement les interpellations d’un Ministre des Travaux Publics.

Y’a-t-il une différence entre le Sénat et l’Assemblée Nationale dans la relation avec les membres du gouvernement ?

L’Assemblée Nationale c’est la représentation nationale les problématiques sont spécifiques, mais le Sénat c’est la collectivité locale c’est-à-dire qu’on va encore plus au contact de la base. Je pense que ces deux chambres se complètent pour que l’approche des problèmes soit complète et que les solutions soient efficientes.

Comment cela se perçoit dans le comportement des parlementaires face aux membres du gouvernement ?

J’ai reçu des Sénateurs en délégation. Certains sont venus avec des projets qu’ils ont obtenus des mairies. Par contre lorsque je reçois les députés ils apportent des projets de circonscriptions.

Mais les députés sont logiquement plus agressifs que les Sénateurs…

Les hommes ont leurs travers. Mais je note que les Sénateurs ont un certain âge. Ils ont donc une certaine pondération. Les députés par contre sont plus jeunes et plus bouillants et c’est tout à fait normal.

Lorsqu’on est le Ministre d’un département à gros budget comme le votre y’a-t-il des précautions particulières à prendre avant de faire face aux parlementaires ?

La seule peur que j’ai lorsque je vais à l’assemblée c’est de ne pas pouvoir satisfaire les demandes qui  sont très souvent largement au-delà des possibilités financières. Le budget qui est alloué au Ministère des Travaux Publics est insignifiant par rapports aux attentes. Pour l’exercice précédent par exemple, j’ai demandé à mes services de faire le point des demandes d’intervention qui viennent du terrain. Nous avons eu des demandes d’un montant de 160 milliards pour des routes qui ne sont pas les routes nationales à construire c’est-à-dire les routes véritablement communales ou rurales. Elles seules sont à 160 milliards. Si vous prenez la construction des routes on est au-delà de 300 milliards. Il se trouve qu’avec la contrainte de budgétisation d’un Etat, nous ne pouvons pas avoir cet argent là. La seule crainte d’un Ministre des Travaux Publics est de ne pouvoir satisfaire ces demandes. Mais je crois que les parlementaires le comprennent bien. S’il était question pour le Ministre des Travaux Publics de construire toutes les routes du Cameroun et même si on lui donnait tout le budget du Cameroun à l’heure actuel, il lui faudrait un cinquantaine d’années pour le faire.

Lors de l’ouverture des travaux à l’Assemblée Nationale le Président de cette institution à attiré l’attention du gouvernement sur le faible taux d’exécution du budget d’investissement public. Qu’elle est votre rôle dans ce registre ?

J’ai un rôle de maître d’ouvrage, je dois  étudier et mettre les projets en maturité et passer la main à l’autorité contractante parce que la consommation d’un budget d’investissement public commence par la passation du marché. Pour passer un marché il faut que le projet soit mature. Voilà ce qui m’interpelle et lorsque j’ai fini de le faire, je passe la main au Ministère des Marchés Publics. Lorsque le Ministère des Marchés Publics a fini il me repasse la main pour l’exécution du contrat. Dans l’exécution du contrat nous interpellons le Ministère des Finances pour payer les prestations. Il y’a aujourd’hui un constat qui veut le budget d’investissement public ne soit pas consommé convenablement. Il y a lieu de questionner ces trois postes d’intervention.

De votre côté que dites-vous ?

Nous avons aligné l’année fiscale à l’année civile. L’année civile commence pratiquement en milieu de saison sèche, et l’année civile qui est déjà l’année budgétaire s’arrête en un autre  début de saison sèche, sauf que les engagements qui eux sont annuels s’arrêtent en novembre c’est-à-dire en début de saison sèche. La question est de savoir comment indexer les travaux à la bonne saison ?  Nous avons trouvé un palliatif cette année en anticipant sur la passation des marchés pour passer à la signature des contrats non plus en mai mais vers les mois de mars ou avril. Mais en réalité cela ne résout pas le problème parce que qu’on gagne deux mois sauf que ces mois tombent en saison des pluies. Donc le problème reste entier. Il faudrait peut être mettre en place un code sectoriel et donner les outils financiers différents de ceux appliqués aujourd’hui.

Source : CRTV,  Poste National

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Francisca Mboe

ah ca

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