Paradis fiscaux : le scandale de « Panama Papers » se rapproche du Cameroun

Le scandale de « Panama Papers » se rapproche du Cameroun | DR
Le scandale de « Panama Papers » se rapproche du Cameroun | DR

Alliances, chargée de la construction des logements sociaux et l’équipement des plateaux techniques des hôpitaux de référence au Cameroun compterait parmi ses actionnaires SMCD Ltd. Une structure offshore montée par le cabinet panaméen Mossack Fonseca.

Depuis la publication de l’enquête du consortium de journalistes internationaux sur l’implication d’une firme panaméenne dans la création et la domiciliation des sociétés basées dans les paradis fiscaux, le Cameroun n’avait, presqu’heureusement, pas été cité parmi les pays africains impliqués. Laissant le soin à l’Afrique du Sud, au Congo-Brazzaville, au Rwanda, et à la Rdc (pour ne citer que ceux-là), de prendre la place devant la barre, dans l’affaire concernant ce vaste scandale de fraude fiscale. Malheureusement, cette progression du Cameroun en marge du Panama Papers ne devrait plus durer longtemps. La faute, à Alliances, géant marocain de l’immobilier, engagé dans l’implémentation au Cameroun du Plan d’urgence triennal (Planut), dans son volet construction des logements sociaux et de réhabilitation des plateaux techniques des hôpitaux.

Dans un article publié par le journal Le Monde, et posté sur son site Internet, on apprend qu’Alliances Developpement immobilier (Adi), pourrait avoir des liens avec le scandale des Panama Papers, à travers SMCD Ltd (société des îles Vierges britanniques), détenant 1,4% du capital grâce à ses 185 000 actions. « …lors de sa liquidation, SMCD a été le véhicule offshore pour un investissement royal dans une entreprise cotée à la Bourse de Casablanca : Alliances Developpement immobilier (ADI), dirigée par Mohamed Alami Lazrak Nafakh, un ancien cadre de l’Omnium nord-africain. L’ONA, holding royale, a été repris en 2010 par SNI, la société nationale d’investissement, désormais l’outil principal des activités économiques du Palais », révèle Le Monde.

L’argent d’Alliance issu des paradis fiscaux ?

Cela suffit-il pour faire d’Alliances une entreprise impliquée dans le scandale lié au blanchiment d’argent via les paradis fiscaux ? « Le Monde » ne le dit pas clairement. Sur les documents officiels, SMDC Ltd aurait cédé sa participation dans Alliances en 2011, avant d’être liquidée deux ans plus tard (2013). Cependant, des informations révélées par le site d’informations ledesk.ma, Le Monde note qu’en août 2015, un emprunt obligataire remboursable en actions pour un milliard de dirhams (un peu plus de 59,03 milliards de FCfa), mentionnait bien dans sa note d’information le nom de SMCD comme titulaire d’actions.

C’est en décembre 2014 qu’Alliances entre officiellement dans le programme de construction des logements sociaux au Cameroun. L’information de cette prise de participation est rendue publique à l’issue d’une audience accordée par Emmanuel Nganou Djoumessi, (à l’époque ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire) à Alami Lazraq Nafakh. Le programme de construction des 1000 logements sociaux est alors adossé au Plan d’urgence triennal (2015-2018). Pour la réalisation de ce projet infrastructurel, 925 milliards de FCfa sont recherchés, dont 190 milliards seulement pour le volet logements sociaux et réhabilitation des plateaux techniques de certains hôpitaux dans les 10 régions du pays.

Le géant marocain serait également impliqué dans le plan de construction de 14 000 logements en Côte d’Ivoire, dans le cadre du plan national de développement (2012-2015) du gouvernement ivoirien

Source : © La Nouvelle Expression

Par Frégist Bertrand Tchouta

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