Pakistan : Attentat de Pâques à Lahore

L'attentat a eu lieu dimanche soir dans un parc bondé. | © ARIF ALI / AFP
L’attentat a eu lieu dimanche soir dans un parc bondé. | © ARIF ALI / AFP

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi affirme qu’«Encore une fois, la haine homicide frappe vilement les personnes qui sont le plus sans défense. Avec le pape, nous prions pour les victimes, nous sommes proches des blessés, des familles frappées d’une immense douleur, des membres des minorités chrétiennes encore une fois frappées par la violence fanatique, de l’ensemble du peuple pakistanais blessé». C’est en ces termes que le Vatican a parlé du sanglant attentat-suicide perpétré par Les talibans pakistanais en plein dimanche de pâques dans un parc très fréquenté de Lahore, affirmant avoir délibérément visé les chrétiens.

La déflagration s’est produite dans le parc Gulshan-e-Iqbal, proche du centre-ville de cette ville de 10 millions d’habitants, particulièrement bondé en ce jour de printemps où la minorité chrétienne célébrait le dimanche de Pâques.

Les chrétiens visés

La fête de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ, est un jour férié au Pakistan, qui compte entre 1 et 2 pour cent de chrétiens, au sein d’une nation musulmane de 200 millions d’habitants. La plupart des fidèles se rattachent à l’Eglise catholique et à l’Eglise anglicane du Pakistan. Leurs conditions se sont dégradées ces dernières années, en particulier à cause de la « loi du blasphème », qui punit d’emprisonnement les offenses réelles ou supposées envers le prophète Mahomet. La ville de Lahore, notamment le district de Youhanabad, abrite une forte communauté chrétienne.

Un véritable carnage

Selon un responsable des services de secours, 29 enfants ont été tués, ainsi que 7 femmes et 36 hommes. Les informations ont fait état de 340 blessés. Le kamikaze s’est fait exploser près de l’aire de jeux pour enfants, où ils faisaient de la balançoire. Un deuil de trois jours a été décrété dans la province du Pendjab, dont Lahore est la capitale.

 La police a bouclé le site où gisaient toujours dans la matinée des lambeaux de chair sur les balançoires. Morceaux de vêtements, tourniquets tachés de sang et machine à pop corn détruite.

Il faut préciser que les attentats visant les enfants ont une résonance toute particulière au Pakistan.

Quand le « safety check » de Facebook fait le bug

Après l’attentat de Lahore, le réseau social a envoyé une notification pour prendre des nouvelles de ses membres à des utilisateurs qui n’étaient pas concernés. Dans un communiqué, le réseau social a été contraint de s’excuser. « Nous avons activé le Safety Check aujourd’hui (dimanche 27 mars) à Lahore, au Pakistan, après un attentat à la bombe qui y est survenu. Malheureusement, de nombreuses personnes qui n’étaient pas affectées par cet événement ont reçu une notification leur demandant si elles allaient bien. Ce type de bug est contraire à notre intention. Nous avons rapidement pris des mesures pour résoudre ce problème et présentons nos excuses à tous ceux qui ont reçu cette notification par erreur ».

© CAMERPOST par Eliane Ndounkeu