Opinion : Je veux parler à la diaspora

Par ceci, j’ai juste voulu dire mot sur des choses que jusqu’ici j’ai observées et sur lesquelles chaque camerounais fier de l’être mérite bien de prendre position. Je voudrais déjà affirmer que je n’ai au travers de cet opus aucune intention particulière et partant, je n’attends nullement de reconnaissance, car comme vous le savez tous, du moins pour ceux qui sont encore honnêtes, il n’ya point de geste au pays en ce jour qui ne soit suspect. Mais, cela, ce sont de faux débats et avant d’ouvrir la brèche, une dernière interpellation au potentiellement lecteur de cette missive et c’est de ne point s’attarder sur la qualité physique et intellectuelle de celui qui se cache derrière ce discours. Et pour ceux qui voudront nécessairement savoir qui je suis, faites-vous à l’idée que c’est un jeune camerounais de la vingtaine qui prend parole et qui s’adresse à ses frères de la diaspora.

Wilfried_Dikalo_Ekamba

Peut-être avant de commencer dois-je reconnaître le mérite que certains parmi vous ont de vivre là-bas en occident, « pays de rêve et de merveilles pour tout africain normal ». Sauf qu’au vue de tout ce qui y ressort, ce n’est pas toujours le paradis. Donc logiquement, nous nous envions réciproquement, quoi qu’il en soit, sur le plan économique, civilisationel ou même politique. Vous comprenez donc pourquoi j’ai le courage de vous adresser parole parce que finalement, je nous mets tous sur le même piédestal. Et puis quoi, c’est de chez vous là-bas qu’il a été affirmé que les hommes indifféremment de leur race, de leur origine, j’ajoute de leur pays et de leur âge sont tous égaux. Et puis, vous m’excuserez de vous dire que vous n’êtes plus de chez nous du moins plus intégralement car il n’y a aucun oiseau qui ferait son nid au fond de la mer. Ce qui m’intéresse le plus ici, c’est l’aspect politique, avec nos dirigeants que vous ne cessez de traumatiser par des « Biya Most go », des « Biya dégage » etc.… je voudrais bien vous rassurer que longtemps moi aussi j’ai aimé ce héros qui viendrait renverser le régime Biya et qui pour une fois donnerait à ce pays de Milla la place qui est sienne dans une atmosphère internationale éprise de leadership et d’orgueil quant à la prospérité économique des Etats. J’ai longtemps voulu voir, ces dignes fils de mon beau pays qui auraient le courage de revenir leur terre patrie et la labourer afin que vivent en fin ces miséreux camerounais qu’ils laissèrent sous le joug de la pauvreté. J’étais même prêt à m’allier il ya peu avec ce valeureux soldat qui voudrait redonner espoir à mes hommes ici dans ce pays, même contre toutes les règles de l’art du jeu démocratique. Mais hélas, j’ai cru à tort que même si les camerounais de l’intérieur n’avaient pas ce courage ni le mérite de le faire, il y avait encore un espoir pour ce fils prodige qui nous laissait pour une destinée meilleure. Comme il est parti avec nos espoirs, il revient et veut nous déposséder des fruits de ce dur labeur que nous abattîmes aux jours de ses joies effrénées là-bas dans le bordel de l’occident. A ça je dis NON.

Mes chers, je me dois de vous dire que bien de camerounais sont dupes mais pas tous. Je condamne donc avec la dernière énergie toutes ces flatteries auxquelles vous vous livrez et par lesquelles vous divaguez de plus un peuple déjà ivre de son insomnie. Je pense plutôt que derrière ces atermoiements dont vous revendiquez une aise bien en point pour mon peuple, vous avez des ambitions autres que de libérer le Cameroun d’un soit disant dictateur. Si je me réserve le droit d’affirmer avec objectivité, que au rythme de la gouvernance actuelle de notre pays, il puisse bien ressortir quelques aspects tout aussi flagrants et non négligeables d’un régime dictatorial, tout autant, je me permet de vous dire de cesser de dénigrer à ce point des hommes qui sommes toutes revêtent et portent avec eux l’effigie de notre Nation. Dans une famille digne, quand le chef ne s’y applique pas à la satisfaction de ses sujets, certes, ceci peut faire l’objet de quelques balbutiements, mais jamais, par souci de respect pour sa dignité, on préfère le dialogue interne à une guerre ouverte. Ne dit-on pas qu’il pleut sur tous les toits ? Ou bien que le linge sale se lave en famille ? Ah oui, si vous faisiez encore partie de notre famille, vous ne vous comporteriez certainement pas de cette manière là ! Agression presque physique sur la personne du chef de l’Etat camerounais ! Je regrette et je peine pour vous, croyez-moi, stupide diaspora. Et puis, de quel droit vous permettez-vous de tels abus ? C’est une atteinte à l’intégrité du territoire camerounais quoi que vous disiez et de ce fait, je serai prêt à m’enrôler pour le défendre en cas de besoin croyez-moi. Et après, ce sont des propos déplacés à l’encontre d’un dignitaire de notre patrie. Vous insultez tout le peuple camerounais et je ne permettrais pas une telle dérive.

Je voudrais bien qu’on se comprenne et qu’il n’y ait pas quiproquo. Voici donc ce que je dis. Tout Etat est fier d’avoir une diaspora par travers monde. Le Cameroun, Etat moderne ne saurait donc se départir de cette exigence d’où l’institutionnalisation du vote des camerounais de la diaspora. Ce qui de mon point de vue n’est pas le bien venu et pour cause, j’estime que la destinée d’un Etat, c’est de l’intérieur qu’elle se forge car c’est de l’intérieur que se vivent les réalités qui structurent les perspectives pour une éventuelle sortie de crise. En un mot, c’est de l’intérieur qu’on met en évidence les besoins et les solutions. De l’extérieur, on est obligé d’user des loupes qui vont soient rétrécir soit bien trop grossir les faits. Pourtant, dans ce cas précis on a besoin du juste milieu et le juste milieu c’est le vécu quotidien, le train-train camerounais. J’en veux pour preuve les solutions inadéquates que la communauté internationale et les bailleurs de fonds jettent à la merci de nos Etats malgré les réticences toujours croissantes de certains de nos experts internes. Il me souvient à ce sujet que l’expert financier Baby Sakana fustigeait dans une de ses correspondances au Directeur du FMI une de ces mesures qui sommes toutes ne sont pas toujours prises de mauvaises foi. Alors, sur la base de quoi, la diaspora camerounaise serait plus hostile à la gestion de notre Etat à nous ? je crois, d’humble avis qu’ils doivent plutôt accompagner le développement du pays et cesser de se faire des véritables leaders politiques. De quel politique parlent-ils si ce n’est pas celle de « je mange ma part je pars ». Et puis, vous avez d’autres taches et bien de services à rendre à votre illustre nation que vous prétendez aimer ou défendre. Je crois que ce n’est pas quand même du fait de nos dirigeants que les camerounais sont crains à l’extérieur, donnant ainsi une mauvaise image voire la plus pire des réputations à notre cher et beau pays. Ce n’est pas grâce à nos dirigeants que la diaspora se fait gelée sous du froid, subit le racisme, les filles se prostituant là bas en occident. Et après avoir manqué quoi faire des échecs répétés, ou bien, après des sommations de payer quittance, on veut nous faire croire qu’on a du mérite et que cette sclérose devenue incurable là-bas se transformera en une posologie pour nous ici au pays. Je doute, car ce n’est pas une diaspora rageuse, je voulais dire bronzée par la cervelle qui nous fera les cours de patriotisme. Le patriote à mon sens est un casanier, il est le capitaine du bateau. Avant que la tempête ait soufflé, souvenez-vous mes frères, vous lanciez déjà les cris stridents d’alerte, et à peine le naufrage évité, vous vous empressez de nous discuter les quelques lueurs d’espoirs qui pointent à l’horizon.

Si j’étais le propriétaire de cette expression qui va suivre, je vous dirais « mes chers compatriotes » de la diaspora, quand le pays a le plus eu besoin de vous, vous avez préféré le fuir parce qu’il n’était d’aucun espoir même pour le plus optimiste. Quand de vos cerveaux et de vos mains nous en avions besoins, vous avez espérez des dollars et des euros, vous avez voulu vivre une vie de luxe, vous avez librement choisi de renoncer à vos racines. Au regard de vos “agirs”, je crains que vous ne soyez des apprentis sorciers. A ce titre, qui que vous soyez, quoi que vous fassiez ou vouliez, vous n’êtes pas les bienvenus dans cet îlot d’espérance. Nous en avons marre de vos hystéries de critique. Vous auriez bien pu faire une main de fer dans le progrès économique de ce peuple, que non car ce qui le plus vous préoccupe c’est des postures stériles et des positions puériles. Qu’êtes vous donc capables de faire ou faire entendre ? Que vous êtes une diaspora mal élevée ? Celle qui se revendique une histoire, une race, une intégration et une reconnaissance étrangère au mépris de ses origines et de sa patrie ? Des voix certes vous en avez, mais elles sont si muettes pour épanouir ce peuple que vous quittiez à l’aube de vos instants de jeunesse. Épuisés sous le coût de l’esclavage, vous passez désormais des pactes inouïs avec vos anciens bourreaux pour leur vendre à vil prix ce pays là. Que vous soyez membre de « l’intégration des africains en France » ou partisans de « Biya Most go » bien plus, « ennemis du dictateur Biya », je vous fais cette adresse. Dégagez et laissez nos dirigeants. Les vrais camerounais vivent ici. Et si vous croyez qu’il est bon de rebrousser chemin, bien de vos frères ont déjà fait allégeance au régime et ne pensez pas qu’en prenant des airs d’agneau ou de messies, on vous déroulera le tapis. On vous connaît !

Wilfried Dikalo Ekamba
Etudiant et poète camerounais

 

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