Nigeria : plus de 300 femmes et enfants otages de Boko Haram libérés par l’armée

L’armée nigériane a publié des photos des femmes, enfants et bébés libérés le 27 octobre. Crédits : - / AFP
L’armée nigériane a publié des photos des femmes, enfants et bébés libérés le 27 octobre. Crédits : – / AFP

Retenus en captivité par Boko Haram, 338 otages, dont 138 femmes et 192 enfants, ont été libérés mardi 27 octobre lors d’une opération militaire contre un des repaires du groupe islamiste dans le nord-est du Nigeria. Les otages libérés ont été emmenés dans un camp de déplacés à Mubi, dans l’Etat voisin d’Adamawa.
Cette opération visait « des camps présumés des terroristes de Boko Haram dans les villages de Bulajilin et Manawashe », en bordure de la forêt de Sambisa, un repaire des rebelles islamistes situé dans l’Etat de Borno, a annoncé mercredi l’armée nigériane, qui affirme avoir tué trente membres présumés de Boko Haram et récupéré des armes et des munitions.

Au moins 2 000 enlèvements en deux ans

Selon Amnesty International, Boko Haram a enlevé au moins 2 000 femmes et filles au Nigeria depuis janvier 2014. L’enlèvement par les insurgés islamistes de plus de 200 lycéennes à Chibok en avril 2014 avait suscité l’indignation de la communauté internationale. On ignore si ces jeunes filles font partie du groupe libéré mardi.

Dans son communiqué, l’armée a également affirmé avoir pris en embuscade et tué quatre insurgés qui se dirigeaient vers la ville de Gubula, dans l’Etat d’Adamawa pour, affirme l’armée, y mener des attentats-suicides. Des armes, des munitions, des obus de mortier et de l’argent ont été saisis. L’armée fait régulièrement état de succès dans sa lutte contre l’insurrection. A la fin de septembre, elle affirmait avoir sauvé 241 femmes et enfants au cours d’opérations contre les insurgés dans le nord-est du pays.

Une lutte longue et compliquée

Mais les raids meurtriers de Boko Haram sur des villages, souvent pour se ravitailler, et les attentats-suicides du groupe dans des lieux très fréquentés – mosquées, marchés, gares routières – se succèdent à un rythme quasi quotidien, malgré la promesse du président Muhammadu Buhari d’en finir avec les insurgés d’ici à la fin de l’année.

Boko Haram, dont l’insurrection a fait au moins 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009, est tenu pour responsable de la mort de plus de 1 420 personnes depuis la prise de fonctions du président Buhari, le 29 mai, selon un décompte établi par l’Agence France-Presse.

Le Nigeria et ses voisins, également visés par Boko Haram, Cameroun, Tchad, Niger, ont mis sur pied avec le Bénin la Force d’intervention conjointe multinationale (Multinational Joint Task Force, MNJTF) pour combattre le groupe islamiste. Mais la force tarde à se déployer. Boko Haram a récemment menacé de frapper le sud du pays. Dimanche, quarante-cinq de ses membres présumés ont été arrêtés par la police, qui les soupçonnait de préparer un attentat à Lagos, la capitale économique.

Source: Le Monde.fr avec AFP

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