Nigéria – Lutte contre Boko Haram : Mohammadu Buhari fait encore une autre annonce 

Le chef de l’Etat a dit que l’armée a délogée les combattants de la secte islamiste Boko Haram de leur bastion, la forêt de Sambissa dans le Nord-est du pays. Une annonce sans preuve

C’est le président nigérian Mohammadu Buhari lui-même qui a confirmé samedi dernier, que désormais, la forêt de Sambissa jadis foyer imprenable de la secte islamiste, Boko haram est sous contrôle de l’armée nigériane. Ce qui apparait aujourd’hui comme une bonne nouvelle pour le Tchad, le Cameroun, le Niger, le Mali et bien sûr le Nigéria, présente encore un arrière goût car sans éléments probants.

La nouvelle

Le président Mohammadu Buhari, n’a pas tari d’éloge à l’endroit ses forces de sécurité et de défense de son pays pour leur mainmise sur cette partie de leur territoire de l’ordre de 1.300 km2 sous le contrôle des éléments de la secte depuis 2009. « Je suis ravi, très fier des braves soldats de l’armée nigériane, après avoir appris la nouvelle tant attendue et gratifiante de l’écrasement final des terroristes de Boko Haram dans la forêt de Sambissa » a déclaré le chef de l’exécutif nigérian. Les révélations du chef de l’Etat, sont l’aboutissement d’une semaine de traque engagée par les soldats nigérians qui ont pu libérés 1880 civils et avoir capturés 500 combattants au cours de la semaine écoulée dans la forêt de Sambissa.

Les autres mensonges

Le 13 août 2015, l’armée nigériane annonçait sur son compte Twitter que plusieurs officiers de Boko Haram ont été tués dans des raids d’avions et le chef du groupe terroriste Aboubakar Shékau est grièvement blessé voir tué. Une annonce qui sera ambigüe, à écouter  chef de l’armée nigériane sur les ondes de rfi  par « J’ai dit blessé, s’il y a du nouveau, je vous ferai savoir » a-t-il dit. Des déclarations seront discutées car c’était une énième fois que ce genre de déclaration était fait.

Et coup sur coup, en septembre, dans une capture vidéo d’une quarantaine de minutes, le chef de la secte djihadiste nigériane Boko Haram, Aboubakar Shékau va contredire les propos du chef de l’armée nigériane : « Vous avez dit sur les réseaux sociaux m’avoir blessé  ou tué. Mais je suis heureux, en bonne santé et en sécurité. Je vais parfaitement bien » affirmait-il avec une gestuelle déconcertante et moqueuse.

En avril 2015, l’armée nigériane faisait une annonce : celle de la libération par les réseaux sociaux d’avoir libérée 200 filles et 93 femmes en s’attaquant à un fief du groupe islamiste « Les troupes ont pris et détruits cet après-midi, trois camps terroristes dans la forêt de Sambissa » a-t-on annoncé. Selon le porte-parole de l’armée nigériane Chris Olukolade dans un communiqué « IL n’est pour l‘instant pas confirmé que les filles soient celles de Chibok. On vérifie l’identité des personnes libérées ».

Le 14 avril 2016, 276 lycéens sont capturés dans une école à Chibok. Depuis lors 57 victimes se sont échappées, 21 libérées par l’armée en octobre 2016, et quelques évasions miraculeuses. Mais pas plus 100 filles ont retrouvé leur liberté à ce jour. Depuis 2009, date de prise des armes par les adeptes de Boko haram, on compte près de 15 000 morts et 2, 400 000 déplacés au Cameroun, Niger, Tchad, Mali et bien sûr du Nigéria.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM