Nigeria : La descente aux enfers d’une ex-ministre accusée de corruption

La justice nigériane a confisqué la luxueuse propriété, d'une valeur estimée à 37,5 millions de dollars, de l'ex-ministre du Pétrole Diezani Alison-Madueke. Elle est accusée de fraude et blanchiment d'argent.

Mme Alison-Madueke a été ministre du pétrole entre 2010 et 2015 sous le président Goodluck Jonathan ainsi que présidente de l’OPEP de 2014 à 2015

Le nom d’Alison-Madueke est cité dans plusieurs affaires de corruption. Une enquête en Italie la concernant vise un contrat pétrolier de 1,3 milliards de dollars avec les sociétés ENI et Shell. Au Nigeria, la Commission des crimes économiques et financiers est quant à elle sur la trace 487 millions de dollars en espèce ou en nature.

Sur sa page Facebook, cette Commission a dévoilé des propriétés supposées appartenir à l’ancienne patronne du pétrole nigérian. Ces photos accompagnées du commentaire “quel appétit” illustrent une sorte de gourmandise de sa part dans l’acquisition de ses biens.

Sur les images révélées par la Commission, ce sont pour la plupart des villas ou d’imposants immeubles qui sont présentés. La haute cour de Lagos a déjà ordonné que les revenus tirés de la location d’un immeuble situé dans le très riche quartier de Banana Island, soient reversés à l’État. La valeur du bâtiment est estimée à envrion 3 millions de dollars.

“Il est impossible de voler autant d’argent sans avoir le cancer”, commente ironiquement l’activiste anti-corruption Kayodé Ogundamisi sur son compte Twitter estimant que l’argent sale devrait rendre malade.

Offensive de Buhari contre la corruption

La procédure qui vise Mme Alison-Madueke rentre dans le cadre de  la promesse faite par le président Muhammadu Buhari de lutter contre la corruption endémique et l’impunité qui minent le Nigeria.

Et si les autres pays africains pouvaient mener des actions similaires, ce serait sera une très bonne chose, estime Théophile, un de nos auditeurs de Lomé au Togo.

Pour Abdel Aziz de Djougou au Bénin, la lutte contre la corruption enclenchée par le président Buhari est louable car elle va permettre aux Nigérians de bénéficier des retombées des ressources de leur pays.

Toutefois, le chef de l’Etat nigérian est accusé de mener une chasse aux sorcières car la plupart des personnalités traduites en justice appartiennent à l’opposition ou ont servi sous la présidence de son prédécesseur Goodluck Jonathan.

 

Source : Deutsche Welle par Rémy Mallet

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